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Culte de Réformation : Une « autre forme » à ta vie

Voici le déroulement du culte de la Réformation, offert par la communauté EPUB de Marchienne, en Belgique.
L’élément central de la célébration est une croix huguenote à construire en suivant le déroulement de la prédication. Elle nous aide à réfléchir à ce qui construit nos vies…
Il vous faudra préparer cette croix et ajouter les chants. Préparez à l’avance les éléments de la croix huguenote en quatre triangles visibles de loin (un nuage de rêve, des engrenages, une maison en construction, un livre et une plume) et une colombe. Prévoyez un support de construction de cette croix. Un adulte ouvre la grande Bible, placée sur le lutrin disposé à l’entrée du temple. Il accompagne ensuite deux enfants qui apportent un panier contenant les triangles de la croix huguenote. Ils déposent le panier devant l’estrade. L’adulte place la Bible sur l’autel, et l’ouvre au chapitre 55 d’Ésaïe. Tous prennent place au premier rang.

Adoration –  Accueil
A toutes et à tous,  bienvenue pour vivre ensemble ce qui sera notre culte de la Réformation, rappel du déclenchement par Martin Luther, d’un mouvement qui allait finalement donner naissance, dans nos régions, aux Églises connues sous le vocable de « Réformées ».  Mais nous ne sommes pas en priorité réunis ce matin pour nous souvenir ou nous tourner vers un passé aussi intéressant et passionnant soit-il.  Nous voulons donner aujourd’hui à notre vie une chance de se « réformer » à l’écoute d’une Parole qui puisse la « re-former », lui donner un nouveau souffle ou un nouveau départ.

Ce matin, notre Bible est ouverte au livre du prophète Ésaïe, chapitre 55. Ce texte inspire aujourd’hui toute notre liturgie. Écoutons un premier extrait :
O vous tous qui êtes assoiffés, venez vers les eaux, même celui qui n’a pas d’argent, venez! Demandez du grain, et mangez; venez et buvez sans argent, sans paiement du vin et du lait.
A quoi bon dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, votre labeur pour ce qui ne rassasie pas? Écoutez donc, écoutez-moi, et mangez ce qui est bon; que vous trouviez votre jouissance dans des mets savoureux:
tendez l’oreille, venez vers moi, écoutez et vous vivrez. Je conclurai pour vous une alliance perpétuelle, oui, je maintiendrai les bienfaits de David.
Voici: j’avais fait de lui un témoin pour les clans, un chef et une autorité pour les populations.
Voici: une nation que tu ne connais pas, tu l’appelleras, et une nation qui ne te connaît pas courra vers toi, du fait que le SEIGNEUR est ton Dieu, oui, à cause du Saint d’Israël, qui t’a donné sa splendeur.

Le Seigneur nous invite à la joie et au bonheur. Ce n’est pas une question de richesses ou de préséance mais à tous le Seigneur adresse sa parole d’Alliance qui fait vivre.

Humiliation, Grâce et Confession de foi

Humiliation :  Le prophète Ésaïe continue son message : Recherchez le SEIGNEUR puisqu’il se laisse trouver, appelez-le, puisqu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme malfaisant, ses pensées. Qu’il retourne vers le SEIGNEUR, qui lui manifestera sa tendresse, vers notre Dieu, qui pardonne abondamment.

Prière
Mon pays de ténèbres Seigneur, je le connais !
Il est fait de mensonges et de vérités qu’on arrange et dans ses frontières la place est grande pour l’orgueil et le jugement selon les apparences … et la pitié reste dehors.
Mon pays de ténèbres est fait d’égoïsme et de plaisirs pour moi et dans ses demeures la place est grande pour la jalousie et la dureté… et la miséricorde reste dehors.
Mon pays de ténèbres est fait de rancœur et de mots servis avec aigreur et dans son enceinte la place est grande pour les idoles du rendement … et l’amour reste dehors.
Mon pays est fait d’obscurité et ton absence est grande, Seigneur !
Viens, Seigneur prends-moi la main … et je quitterai mon pays de ténèbres! Amen.

Grâce
Ésaïe poursuit : C’est que vos pensées ne sont pas mes pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins oracle du SEIGNEUR.
C’est que les cieux sont hauts, par rapport à la terre: ainsi mes chemins sont hauts, par rapport à vos chemins, et mes pensées, par rapport à vos pensées.

Dans la nuit, j’entendis ces mots d’amour :
« Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. »
Toi, Père, qui me murmures cela, qui me répètes que je suis merveille,
Même dans ces moments où je n’y crois pas :
Lorsque je me laisse dégringoler, jusqu’à défigurer ce qu’est « aimer ».
« Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. »
Tu m’appelles encore « enfant bien-aimé »
Quand je me crois seul, orphelin de Toi,
Quand mes murs t’empêchent de me toucher,
Remparts gardés par mes idoles de bois.
Mais Toi, Seigneur, Tu peux tout renverser,
Me reposer en voie de liberté.

« Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. »
Combien ces mots m’enflamment le cœur !
Toi qui me connais et qui m’aimes,
Tu m’envoies le dire à mes frères et sœurs,
Annoncer que tu es un Dieu qui aime…
Merci Père de me rendre missionnaire
de ces perles d’amour, par toute la terre. Amen.

Confession de foi

Terminons la lecture d’Ésaïe : C’est que, comme descend la pluie ou la neige, du haut des cieux, et comme elle ne retourne pas là-haut sans avoir saturé la terre, sans l’avoir fait enfanter et bourgeonner, sans avoir donné semence au semeur et nourriture à celui qui mange, ainsi se comporte ma parole du moment qu’elle sort de ma bouche: elle ne retourne pas vers moi sans résultat, sans avoir exécuté ce qui me plaît et fait aboutir ce pour quoi je l’avais envoyée.

Levons-nous et confessons notre foi :

Je crois que Dieu crée le monde pour le bonheur et pour la vie
Je crois en l’unique Dieu d’amour.
Je crois qu’il a créé l’homme
non seulement pour l’amour mais dans l’amour
et que l’homme ne sera véritablement humain
que s’il vit de cet amour.

Je veux croire en l’homme – image de Dieu.
Je crois que pour atteindre les hommes,
la parole de Dieu s’est faite chair en Jésus-Christ.
Je crois en Jésus-Christ – image parfaite de Dieu,
le lieu de sa présence.

Je crois que sous l’action de son Esprit,
tout homme peut recevoir l’Évangile de Jésus-Christ
comme Parole de Dieu qui console et libère,
qui insuffle joie et ardeur et permet de se tourner vers autrui
Je crois en l’Esprit – souffle de Dieu.
Malgré mes limites et mes doutes,
je veux croire que Dieu est avec nous dans la vie,
dans la mort, dans la vie après la mort.
Je crois qu’il fait toute chose nouvelle.

Lectures bibliques

Lecture biblique :    
Après l’extrait du livre d’Ésaïe, poursuivons les lectures des textes du jour :
Première lettre aux Corinthiens, chapitre 3, versets 5 à 14 :

Qu’est-ce donc qu’Apollos? Qu’est-ce que Paul? Des serviteurs par qui vous avez été amenés à la foi; chacun d’eux a agi selon les dons que le Seigneur lui a accordés.
Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui faisait croître.
Ainsi celui qui plante n’est rien, celui qui arrose n’est rien: Dieu seul compte, lui qui fait croître.
Celui qui plante et celui qui arrose, c’est tout un, et chacun recevra son salaire à la mesure de son propre travail.
Car nous travaillons ensemble à l’œuvre de Dieu et vous êtes le champ de Dieu, la construction de Dieu.
Selon la grâce que Dieu m’a donnée, comme un bon architecte, j’ai posé le fondement, un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit.
Quant au fondement, nul ne peut en poser un autre que celui qui est en place: Jésus Christ.
Que l’on bâtisse sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin ou de la paille,
l’œuvre de chacun sera mise en évidence. Le jour du jugement la fera connaître, car il se manifeste par le feu, et le feu éprouvera ce que vaut l’œuvre de chacun.
Celui dont l’œuvre subsistera recevra un salaire.

Lecture biblique :   
Lisons enfin dans l’évangile de Marc, chapitre 11, les versets 15 à 19 :
Ils arrivent à Jérusalem. Entrant dans le temple, Jésus se mit à chasser ceux qui vendaient et achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs et les sièges des marchands de colombes,
et il ne laissait personne traverser le temple en portant quoi que ce soit.
Et il les enseignait et leur disait: «N’est-il pas écrit: Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de bandits».
Les grands prêtres et les scribes l’apprirent et ils cherchaient comment ils le feraient périr. Car ils le redoutaient, parce que la foule était frappée de son enseignement.. Le soir venu, Jésus et ses disciples sortirent de la ville.

Prédication :  

Dans sa lettre aux Corinthiens, l’apôtre Paul compare l’évolution d’une communauté chrétienne au développement d’une plante ou à  l’édification d’un bâtiment. Il relève que différents acteurs interviennent à différents moments pour assurer la bonne continuation de la croissance ou de la construction. Pour reprendre l’image de la plante, il mentionne le travail du semeur, de celui qui arrose, de celui qui récolte. Ainsi, pour édifier ou réformer sans cesse notre communauté, nous avons besoin de différents acteurs et tous, avec nos caractéristiques et nos capacités, nous avons un rôle à jouer. Que nous soyons enfants, jeunes, adultes ou plus âgés.

Mais ces remarques peuvent également s’appliquer lorsqu’on évoque notre construction personnelle en tant qu’être humain. D’abord parce que nous passons nous-mêmes par différents stades de développement : il est des moments dans la vie où nous ensemençons, d’autres au cours desquels nous arrosons, nous désherbons, nous récoltons. Ensuite parce que nos vies s’enrichissent de multiples rencontres avec des plus jeunes, des plus âgés, des plus doués ou des plus sages, avec d’autres plus dynamiques …. Notre vie, à l’image de toute communauté humaine, doit s’ouvrir à différents partages, à différentes rencontres et expériences. Avec les plus jeunes, nous pouvons découvrir un élément qui est indispensable à notre formation ou notre re-formation ; Ce premier élément est le rêve.

  • Un enfant apporte la première branche de la Croix Huguenote : le rêve.  (une bulle de bd)

Nous avons besoin de rêver et d’espérer. Cela fait parie intégrante de notre réalité humaine ; Et s‘il n’est guère facile aujourd’hui d’en appeler à l’espérance à cause des multiples menaces qui voilent notre avenir comme celui de la planète, nous ne pouvons délaisser cette faculté primordiale qu’est l’imagination. Nous ne devons d’ailleurs pas laisser le monde désespérer, il nous faut croire plus que jamais en la vie et en l’homme un peu comme un enfant voit s’ouvrir devant lui son existence et rêve d’un « devenir » ! Quelle joie de retrouver une envie d’espérer, d’offrir au monde et à nos vies l’espace du rêve, du projet, de « l’entreprendre ».
Combien de projets ou de défis portons-nous encore ? Attention toutefois, le rêve et l’espérance ne se confondent pas avec l’irresponsabilité ou l’irréalité. Le rêve qui habite notre nuit est bien cette capacité à mélanger, secouer, réordonner ce qui est de notre vécu, de nos envies, de nos échecs pour nous permettre de nous retrouver le matin à nouveau capable d’inventer, de créer, d’innover.
Chaque jour, il nous appartient d’être des rêveurs dans la nuit et des porteurs d’espérance.

Un deuxième élément à mettre en évidence dans notre processus de formation est la recherche.

  • Un adolescent apporte la deuxième branche de la CH : la recherche. (des engrenages)

Comme les jeunes, avec les jeunes nous éprouvons le besoin de mener une cogitation constante, une contestation qui aboutit à la recherche d’un sens. La vie est une quête de sens, mais aussi un banc d’essai ou d’expérimentation. Rien n’est jamais sûr, et si cette démarche de remise en question est parfois dangereuse, souvent difficile elle est aussi « hyper passionnante ». En fait, nous demeurons toute notre vie des chercheurs.
Pensez-vous avoir atteint vos objectifs, êtes-vous sûrs de vos choix de vie ? Restons ou redevenons quelque part tous adolescents pour oser nous remettre en question, pour contester les grandes certitudes.  L’évangile de ce jour fait la part belle d’ailleurs au renversement, au bouleversement. C’est une chance que de pouvoir parfois renverser ce que nous pensons établi pour toujours dans la société et dans notre vie. Chercher encore, surprendre, recommencer … Soyons d’incessants chercheurs de justice, de vérité, d’absolu.

Osons avec Jésus renverser nos sécurités philosophiques ou spirituelles ainsi que nos ancrages matériels.

Pour redonner une autre forme à nos vies , il faut du rêve, de la remise en question mais aussi pouvoir passer à l’action.

  • Un adulte apporte la troisième branche de la CH : l’action. (une maison en construction)

L’âge adulte est théoriquement celui de la réalisation, de la maturité. La maison devient habitable, la plante fleurit et réjouit la vue. C’est le temps de la force et de l’action. Re-former sa vie c’est aussi retrouver la joie de construire et la force de s’engager. Nous pouvons bâtir un monde plus juste et plus solidaire mais il nous faut pour cela être conséquents dans nos choix et nos actions sans attendre de la société qu’elle se réforme toute seule, sans s’imaginer que nous avons toujours raison, sans nous arrêter face à ce que l’on peut appeler « l’inertie des autres ». Notre monde a toujours plus besoin de réalisateurs et d’acteurs ou pour reprendre une image biblique, la moisson réclame des moissonneurs.
Dans tout l’évangile, Jésus nous invite à agir et à nous engager contre le mensonge, contre l’exploitation, l’égoïsme ou l’hypocrisie.

Et si avec l’âge des forces nous abandonnent, il est impératif de pouvoir recourir d’avantage à la réflexion.

  • Une personne plus âgée apporte la quatrième branche de la CH : la réflexion. (un livre et une plume)

Avec l’expérience se développent peut-être aussi nos facultés d’écoute et de réflexion. Donner une respiration à notre vie, oser reconnaître nos erreurs de parcours, tirer les leçons du passé et se sentir responsable d’une transmission.
Donner une chance à l’imagination, tout bousculer et s’oublier dans l’action, c’est bien mais il faut aussi pouvoir s’asseoir et calculer,  s’enraciner et s’enrichir des expériences du passé. Nous ne sommes jamais les seuls ou les premiers à essayer de « réussir » nos vies ou à vouloir  témoigner de l’amour de Dieu en faveur du monde.
Ainsi le récit de Marc se termine par la mention : « Jésus se retira de la ville avec ses disciples » probablement pour prier et donner à son acte une autre dimension dans la communion avec son Père, pour vivre un rapport au temps et à l’action différent.

Ce quatrième élément achève aussi la construction d’un symbole de notre foi réformée, la croix dite « huguenote ». Ces quatre bras sont habités de rêve, de contestation, d’engagement et de réflexion. C’est de cela dont nous aimerions témoigner pour alimenter les re-formations de nos vies, de nos communautés et du monde.
Mais les observateurs avisés remarqueront qu’il manque quelque chose à notre croix, elle n’est pas tout à fait complète cette croix huguenote. Il manque l’essentiel sûrement.

  • Un enfant apporte la colombe de la CH : l’Esprit.

Beaucoup de paramètres sont à mettre à notre actif. Il est important d’espérer, d’oser, de s’engager et de réfléchir. Mais nous croyons que c’est l’Esprit de Dieu qui inspire, qui réalise, qui assure.
C’est même lui seul qui peut vraiment nous re-former, comme par exemple dans le récit fondateur de Genèse 1 où il est dit de l’Esprit, du souffle de Dieu qu’il  participe, réalise la première « formation » de notre vie d’homme. La Réforme commence par cette prise de conscience : Je vis de et par la grâce de Dieu.
Ce matin, quel que soit notre parcours ou notre stade « d’évolution », nous pouvons, en nous ouvrant à l’action de l’Esprit de Dieu, donner une chance à nos vies de se re-former. Et nous pouvons également être facteur de changement pour les autres. Quel que soit notre parcours, notre vie intéresse le Seigneur et elle peut même aussi s’avérer une aide au développement des autres. Voilà un beau rêve, un grand défi, un appel du Seigneur lui-même : redonne une « autre forme » à ta vie. Amen.

Intercession, Cène et Envoi

Intercession

Seigneur, tu ne veux pas nous donner un monde tout fait dont nous serions seulement consommateurs.
Seigneur, notre vie est en constante mutation et pourtant ta présence fidèle ne fait jamais défaut.
Rends-nous capables de rendre espoir et de partager l’espérance ; rends-nous capables de nous remettre en question et de partager une contestation ; rends-nous capables de construire des choses solides et de partager nos compétences ; rends-nous capables d’acquérir ta sagesse et de partager nos expériences.

C’est par Jésus, ton fils notre Seigneur que nous te prions, lui qui nous a enseigné à dire : (tous ensemble)
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui
notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles! Amen.

Cène
Préface
Rendons grâce au Seigneur notre Dieu :
Il est vraiment juste te de dire merci, à toi qui es l’amour, l’unique ami et père de tous les hommes. Si nous restons bien fragiles, nous voulons nous tenir devant toi avec assurance et confesser ton nom dans la joie car tu as brisé la puissance des solitudes et des séparations. En Jésus le Christ, nous avons reçu le pouvoir d’être sœurs et frères les uns des autres. A toi qui peux faire infiniment plus que ce que nous pouvons demander et même imaginer, à toi la gloire dans le Christ-Jésus. Amen.

Institution :  Au soir de la grande séparation, Jésus prit le pain, le donna à ses amis disant : « mangez-en tous, ceci est mon corps livré pour vous ». De même, il leur présenta la coupe en disant : « buvez-en tous, ceci est mon sang, répandu pour le pardon de la multitude. Faites ceci en mémoire de moi ».
Anamnèse :  C’est toi, Seigneur, qui nous rassembles à cette table, nous tous aux horizons et aux parcours si différents. Comme la nourriture fortifie notre corps et le vin réjouit notre esprit, que ce pain nous donne la force de changement qui vient de toi et que ce vin nous donne la joie que tu veux pour tous. Que ton Esprit réveille en nous le désir et l’attente de ta présence aimante qui redonne à chacune de nos vies sa véritable dimension. Amen.

Fraction : Ce pain que nous rompons est la communion au corps de notre Seigneur Jésus-Christ Cette coupe de bénédiction pour laquelle nous rendons grâce est la communion au sang de notre Seigneur Jésus-Christ. Voici le pain et le vin de tous les possibles. Osons laisser nos vies se re-former au contact de l’amour de Dieu. Venez car tout est prêt.

Nous sommes ce matin en communion fraternelle avec les demandeurs d’asile, les personnes dites « sans papiers » ; ceux présents dans notre communauté et d’autres dans des Églises sœurs, en attente ou en grève de la faim. Nous sommes ce matin en communion fraternelle avec celles et ceux qui sont retenus chez eux ou en d’autres lieux à cause d’une maladie, à cause de la solitude, à cause de la peur.
Nous sommes ce matin en communion fraternelle avec ceux et celles qui se sentent exclus ou oubliés, qui ont du mal à croire en un avenir plus serein, qui désespèrent de pouvoir encore connaître la solidarité et le respect. Nous sommes ce matin en communion fraternelle avec tous les travailleurs de l’ombre qui, chacun à leur façon, contribuent à rendre notre monde un peu plus juste, plus beau, plus accueillant. Allons dans la force et la joie de notre Seigneur !

Exhortation  et bénédiction    
Nous terminons cette célébration en nous levant pour recevoir la bénédiction : quelque soit notre situation, Dieu nous assure de son amour et de sa présence.  Rêvons encore, renversons les certitudes, soyons acteurs dans la construction du royaume, cherchons ensemble la sagesse. Donnons à nos vies un nouveau souffle ! Et que la rencontre de ce matin se prolonge toute cette semaine.  Allons dans la paix du Seigneur. Amen.

Crédit : Marie-Pierre Tonnon (EPUB), Point KT