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En marche vers une naissance

Pour les petits, la période qui précède Noël est faite d’attente et d’impatience. Agités, les enfants tournent comme des hélices : « Maman, Maman ! C’est quand qu’on aura les cadeaux ? » Les récits bibliques eux aussi racontent un temps de préparation et d’attente. Un temps pour se réjouir de ce qui vient et pour se mettre en marche. Par les signes qu’il envoie, Dieu donne un sens à ce qui se prépare, une direction dans laquelle on peut se mettre en chemin. Petits et grands, l’Avent nous invite à vivre le cheminement qui conduit à la naissance du Christ. C’est ce que propose l’animation présentée ici.

Cette rencontre d’éveil à la foi a été vécue à plusieurs reprises dans des groupes d’enfants de 3 à 6 ans de la paroisse de Montbrillant, à Genève.

Objectifs : Raconter aux enfants ce qui a précédé la naissance de Jésus et, à l’image des personnages bibliques, de se mettre avec eux en chemin vers Noël.

Textes bibliques : Luc 1,5-80 (l’annonce à Zacharie de la naissance de Jean le Baptiste, l’annonce à Marie de la naissance de Jésus, la visite de Marie à Elisabeth, la naissance de Jean le Baptiste), et Matthieu 2,1 (le départ des mages à la suite de l’étoile).

Matériel nécessaire pour la narration : des grandes feuilles pour dessiner (de manière très simple) les décors de l’histoire. Des accessoires pour identifier les personnages : une canne ou un bâton pour Zacharie ; un châle pour Elisabeth ; un morceau de tissu doré, argenté ou autre pour l’ange ; un voile pour Marie ; des lunettes d’astronome (tubes de carton) pour les mages.

Matériel nécessaire pour le bricolage des lunettes d’astronome : des tubes de carton (par ex. récupérés de rouleaux de papier) ; des feuilles de papier format A4 ; du matériel pour décorer les lunettes : feutres et/ou peintures et ou éléments à coller (papiers ou rubans de couleur, etc.).

Matériel nécessaire pour le cortège à la fin de la rencontre : une grande étoile dorée ou de couleur lumineuse en carton une longue perche (roseau, branche, tringle ou autre)

Préparation de la narration

1. Avant la rencontre, dessiner sur de grandes feuilles de papier (par ex. au verso de vieilles affiches), respectivement une maison, un temple, une fenêtre, un décor d’orient (palmiers). Ces dessins serviront simplement à identifier les différents lieux où se déroulera l’histoire. Ils peuvent donc être faits de manière très stylisée.

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2. En fonction de la place disponible (dans une ou plusieurs salles, pourquoi pas ? car le but est de montrer et de vivre les déplacements du récit), fixer ces feuilles aux différents endroits où se rendront les enfants jouant les personnages de l’histoire.
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Déroulement de la rencontre

  1. Accueil des enfants et des parents
  2. Introduction à la narration. Brièvement situer ce qui va être raconté dans la perspective de Noël qui approche. Eventuellement temps de dialogue avec les enfants sur ce qu’ils savent de Noël, avant de conclure sur ce qui est au cœur de la fête : la naissance de Jésus.
  3. Mise en place de la narration. Annoncer aux enfants que l’on a besoin d’eux pour raconter l’histoire, et qu’ils vont jouer, sans parler, mais en suivant les indications qui leur seront données, les différents personnages du récit. Répartir les rôles principaux : Zacharie, Elisabeth, l’ange, Marie, les mages (selon le nombre et l’envie des enfants, certains, s’ils le préfèrent, peuvent rester spectateurs ; ou simplement incarner la foule ; l’ange peut être représenté par plusieurs enfants en même temps ; les mages peuvent être plus que trois ; on peut demander l’aide des parents, etc. A chacun d’adapter en fonction de sa situation).
  4. Narration. La narration est adaptée à l’âge des enfants. Elle ne reprend donc pas tous les éléments du texte biblique. Le récit est raconté, et les déplacements joués par les enfants, selon les indications (ci-dessous entre crochets) qui leur sont données au fur et à mesure. Cela peut être fait par deux adultes – un narrateur et un « metteur en scène » –, ou ces deux fonctions peuvent être assurées par la même personne. Pour une proposition, destinée à des enfants de 3 à 6 ans, voir ci-dessous.
  5. ImageBricolage. Chaque enfant se fabrique une lunette d’astronome :
    on colle une feuille de papier sur le rouleau de carton. Puis l’enfant décore sa lunette selon ses envies et le matériel disponible. Si les possibilités de décoration sont nombreuses, cela peut prendre un certain temps !
  6. Conclusion de la rencontre. Avec les enfants regardant à travers leur lunette, on fait un cortège à la suite de l’étoile, promenée en l’air au bout d’une grande perche. Et l’on chante le refrain de « Ils ont marché au pas des siècle » (Arc-en-ciel n° 542, Alléluia 31-32) : « Ecoute, écoute, surtout ne fait pas bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit », ou un autre chant très connu par les enfants. Selon les lieux, le cortège peut se faire à l’extérieur : si la rencontre a lieu en fin d’après-midi il fait sombre et cela est d’autant plus chouette. Le cortège terminé, se rassembler autour de l’étoile, et selon les habitudes du groupe, conclure par une brève prière et un mot d’envoi.

 

Proposition de narration

  1. L’annonce à Zacharie (Lc 1,5-25) [Demander à « Zacharie » (avec sa canne ou son bâton) et à « Elisabeth » (avec son châle) de s’asseoir devant le dessin de leur maison.] En ce temps-là, il y avait un prêtre nommé Zacharie, et sa femme, Elisabeth. Tous deux étaient justes ; ils vivaient en écoutant Dieu. Ils étaient déjà vieux, mais ils n’avaient pas d’enfant. [« Zacharie » se lève, et marche jusqu’au temple.] Un jour, Zacharie va dans le temple de Dieu. C’est son tour d’entrer dans le temple pour brûler du parfum, pendant la prière. Et voilà qu’un ange de Dieu se montre à Zacharie. [L’« ange » (identifié par son tissu doré) vient se placer à côté de « Zacharie ».] Quand il voit l’ange, Zacharie à peur. Mais l’ange parle à Zacharie. Il lui dit : n’aie pas peur, Zacharie. Dieu a entendu ta prière. Elisabeth, ta femme, va avoir un enfant, un garçon. Tu l’appelleras Jean, et tu seras rempli de joie. Dieu sera avec lui, et beaucoup de gens l’écouteront. Alors Zacharie dit à l’ange : Elisabeth et moi nous sommes déjà vieux. Comment pourrons-nous avoir un enfant ? L’ange répond : je viens de la part de Dieu. C’est lui qui m’a envoyé. Mais puisque tu n’as pas cru à ce que je t’ai annoncé, tu seras muet : tu ne pourras plus parler jusqu’au moment où ton fils sera né. Et quand Zacharie sort du temple, il ne peut plus parler. Il fait des signes avec les mains, et les gens se demandent ce qui lui arrive. Zacharie rentre chez lui. [« Zacharie » retourne à la maison.] Et maintenant, Elisabeth attend un enfant.
  2. L’annonciation (Lc 1,26-38) [« Marie » (identifiée par un voile) se tient près de sa fenêtre.] Dieu envoie son ange dans une ville d’Israël appelée Nazareth. Il l’envoie chez une jeune fille. [fenêtre L’« ange » vient près de Marie.] Le nom de cette jeune fille est Marie. L’ange dit à Marie : Sois remplie de joie, Marie, car Dieu t’a choisie, et il est avec toi. Quand elle entend ce que dit l’ange, Marie est surprise, et elle se demande ce que cela veut dire. L’ange lui dit : N’aie pas peur, Marie. L’amour de Dieu est avec toi. Tu vas avoir un enfant. Un fils, à qui tu donneras le nom de Jésus. On l’appellera Fils de Dieu. Dieu fera de lui un grand roi, pour toute la terre, pour toujours. Alors Marie demande : Mais comme cela va-t-il arriver ? Je suis jeune, je ne suis pas encore mariée. L’ange répond : L’Esprit de Dieu viendra, et la force de Dieu te recouvrira comme une ombre. Ecoute : Elisabeth est de ta famille : Eh bien ! Elle aussi attend un enfant. Et pourtant elle est vieille. Mais tout est possible à Dieu. Marie dit : Je suis la servante du Seigneur. Que Dieu fasse pour moi ce que tu as dit. Et l’ange s’en va. [Départ de l’« ange ».]
  3. La visitation (Lc 1,39-56) Quelques jours plus tard, Marie s’en va. [« Départ de « Marie », qui fait un tour pour arriver chez « Zacharie » et « Elisabeth »]. Elle marche vite, elle traverse les montagnes pour aller chez Zacharie et Elisabeth. Elle arrive près de leur maison, et elle salue Elisabeth. Quand Elisabeth entend la salutation de Marie, elle sent son bébé qui bouge dans son ventre. Et elle dit : C’est Dieu qui t’a donné cet enfant ! J’ai senti mon bébé bouger de joie dans mon ventre. Tu es la plus heureuse de toutes les femmes. Tu as écouté ce que Dieu t’a dit, et tu lui as fait confiance. Alors Marie est toute joyeuse, et elle chante pour dire merci à Dieu. [Chanter tous ensemble le chant de Marie : « Magnifique est le Seigneur » (Arc-en-ciel n° 174, Alléluia n° 14-03, Vitrail n° 109) ou « Mes amis, chantez avec moi » (Psaumes et cantiques n° 450, Chante la fête n°J3)] Marie reste chez Elisabeth pendant trois mois, puis elle rentre chez elle. [Départ et retour de « Marie »]
  4. Naissance de Jean-Baptiste (Lc,1,57-66) La naissance du bébé d’Elisabeth arrive. C’est un garçon. Les voisins d’Elisabeth et de Zacharie sont tout heureux.
  5. [Arrivée des « voisins » (les enfants qui n’ont pas de rôle spécifique).] Ils viennent se réjouir avec les parents. Et ils veulent appeler le bébé Zacharie, comme son père. Mais Elisabeth dit : Non, il s’appellera Jean ! Alors les voisins demandent à Zacharie : Comment veux-tu appeler ton fils ? Zacharie demande quelque chose pour écrire ; et il écrit : son nom est Jean. Tout le monde est très surpris. Et voilà que Zacharie peut de nouveau parler ! Il chante la fidélité et l’amour de Dieu. Et tout le monde se demande : Que va devenir cet enfant ?
  6. Départ des mages (Mt 2,1) [Les « mages » dans leur pays.] Dans un pays lointain vivent des savants. On les appelle des mages. La nuit, ils regardent les étoiles. [Les mages regardent en l’air avec leurs lunettes d’astronome.] Une nuit, ils voient dans le ciel une étoile qu’ils ne connaissent pas, une étoile nouvelle. Et ils se demandent : Quelle est cette étoile ? On dirait qu’elle cherche à nous montrer quelque chose. Nous devons aller voir. Alors les mages s’en vont. Ils partent en suivant le chemin que leur montre l’étoile. [Départ des « mages », marchant en regardant le ciel avec leurs lunettes.] A travers les déserts, à travers les montagnes, sur la poussière des routes, ils ont marché longtemps. Et nous aussi, tout à l’heure, comme les mages, nous marcherons ensemble, à la suite de l’étoile… [Faire alors la transition en présentant le bricolage de la lunette d’astronome.]

Crédit : Nicolas Künzler pour Point KT




Une histoire vraie

Une histoire vraie (The Straight Story), David LYNCH, 1999, 111’
7 ans, suggéré 12 ans

(tiré de http://filmages.ge.ch)
Tiré d’une histoire vraie

Alvin Straight, 73 ans, vit avec sa fille Rose à Laurens, une petite ville de l’Iowa. Un soir d’orage, il apprend que son frère Lyle qu’il n’a pas vu depuis dix ans a été victime d’une attaque cardiaque. Alvin décide donc de parcourir pas moins de cinq cents kilomètres pour aller trouver celui avec lequel il s’est brouillé des années auparavant. Ne sachant pas conduire et ne supportant pas de se faire conduire, le vieil homme décide de partir sur sa tondeuse à gazon.

Sur la route, plusieurs personnages vont faire sa rencontre et lui rappeler sa vie passée : une jeune auto-stoppeuse enceinte qui a fui sa famille à qui Alvin raconte l’histoire de sa fille qui a été privée de la garde de ses enfants par l’Etat et à qui il parle de l’importance des liens familiaux ; de jeunes cyclistes qui lui rappellent sa jeunesse perdue ; un vieil homme qui a fait la Seconde Guerre mondiale qui lui permet enfin de pouvoir parler de l’horreur vécue à cette époque-là ; un révérend qui a rencontré Lyle lors de son hospitalisation à qui Alvin va pouvoir parler de la rupture entre les deux frères.

Ce n’est qu’après bien des péripéties et une longue route, qu’Alvin parvient jusqu’à la maison de son frère. Les retrouvailles se font presque sans parole, tout se jouant dans les regards, dans la présence de ces deux personnages. Lorsque Lyle voit la tondeuse sur laquelle Alvin a fait le voyage, il découvre la ténacité de son frère pour venir à lui.
Pistes de travail :
Ce long périple qui se déroule à la vitesse de cette tondeuse à gazon, est la vitesse qu’il fallait au personnage principal pour accomplir le chemin jusqu’à son frère. Le temps pour parcourir sa vie, dispenser sa sagesse, pour arriver à l’étape du pardon.
Ce chemin est à la fois celui de la réconciliation et celui, nécessaire, d’un retour sur sa propre vie. Il ne pouvait pas s’y rendre trop vite, il fallait pouvoir digérer ces dix ans d’absence, de séparation, de rupture. Il faut du temps pour retrouver les gens que l’on aime, ceux à qui l’on a fait du mal, qui nous ont fait du mal. Il faut savoir prendre le temps du chemin pour arriver à la réconciliation, au pardon, à la vie, à la vieillesse, à la mort également. Alors que tout autour de nous va à grande vitesse (dans le film, les camions sur la route, les cyclistes, tout autour d’Alvin va vite). Le héros nous montre une voie possible qui mène à la réflexion, la contemplation, la vie. Il prend le temps de parler avec les personnes, de les écouter.
Retracer sa vie : refaire le parcours de sa propre vie, les moments importants, marquants, les liens, les ruptures. Définir les instants charnières, les changements de cap, les espaces de paix et de calme, etc., ce qui nous a construit, nous a fait avancer. Découvrir ou redécouvrir les éléments déstabilisants, qui font mal, ceux au contraire qui nous soutiennent, nous rendent plus forts. Définir les éléments importants qui peuvent nous aider lors d’un cheminement que nous voulons, devons faire.
  • Sur quoi puis-je m’appuyer dans la vie ? Quelles sont mes ressources, mes forces intérieures, extérieures ? Sur quoi, sur qui puis-je compter ?
Dans le film :
36’37 – 47’00 : Avec l’auto-stoppeuse, Alvin parle de sa vie de famille : sa femme, son frère, sa fille Rose et ses enfants perdus. Pour lui, la famille c’est comme un fagot, car quand les personnes sont soudées, rien ne peut les briser.
72’21 – 78’05 : Alvin raconte son alcoolisme à son retour de la Seconde Guerre mondiale. La vie de vétéran. Les souvenirs qui hantent et que l’on ne peut raconter qu’à quelqu’un qui peut comprendre, qui a vécu quelque chose de semblable.
83’31 (87’17) – 92’58 : Avec le révérend, Alvin parle de son enfance, comment avec son frère Lyle, ils contemplaient les étoiles, parlaient jusqu’à ce qu’ils s’endorment. Malgré le fait qu’ils se soient toujours beaucoup parlé, la rupture a été inévitable : « Une histoire vieille comme la Bible » dit Alvin. Il suffit d’un peu de colère, de vanité, d’alcool. A présent, toute cette histoire et les raisons qui ont conduit à cette situation n’ont plus aucune importance pour Alvin. Seule la paix à faire avec son frère compte à ses yeux.
  • Se préparer : Pour tout bout de route à faire, un voyage, un pèlerinage, un retour sur soi, il faut se préparer, savoir ce dont nous avons besoin en plus de nos propres forces.
  • De quoi ai-je besoin pour avancer dans mon cheminement, pour accomplir ma destinée ? Quel genre de provisions ai-je besoin (nourritures terrestres et/ou célestes) ?
  • Quelles sont les étapes que je dois franchir ? Quelles sont les embûches que je vais rencontrer ? Quelle est ma détermination ? Quel est mon but ? Qu’est-ce qui me pousse à entreprendre ce chemin ?
Dans le film :
17’00 – (22’27) 24’10 : La décision et les préparatifs du voyage. Alvin doit le réaliser seul.
  • Affronter les difficultés : Lors d’un voyage quel qu’il soit, il y a toujours les événements incontrôlés. Il faut arriver à faire face aux imprévus, aux difficultés rencontrées.
  • Sur quoi je prends appui lorsque je rencontre des difficultés dans ma vie ? Est-ce que j’arrive à faire face aux imprévus dans la vie ? Quelle est ma force intérieure, ma conviction, ma ténacité ? Suis-je capable de me retrouver face à une personne avec laquelle je suis/j’étais en conflit ?
Dans le film :
24’10 – 34’35 : Alvin part au volant de sa tondeuse, mais très vite il tombe en panne et est ramené à son point de départ. Il ne renonce pas pour autant, achète une autre tondeuse et repart sur les routes.
95’37 – 100’00 : La dernière colline, le dernier bout de chemin, la dernière embûche. Un chemin de pierre, un beau paysage d’automne (automne de la vie), une aide providentielle.
100’00 – 103’55 : L’arrivée chez Lyle. Les retrouvailles. La vieille maison en bois. La fatigue, la vieillesse, le doute, la reconnaissance : « Tu as fait toute la route sur ce machin pour me voir ? », l’émotion. Et la boucle est bouclée.
Crédit : Nathalie LANZ – Point KT



Tokyo godfathers

Tokyo Godfathers, Satoshi KON. 2003, 90’
12 ans, suggéré 14 ans (tiré de www.filmages.ch)

Un alcoolo, un travelo et une ado en crise, voilà le tableau de départ de ce film d’animation. On pourrait craindre le pire et pourtant, ces antihéros vont s’avérer touchants par leur humanité dont nous manquons parfois…
La veille de Noël, ces trois sans-abri, Gin, Hana et Miyuki découvrent un bébé abandonné. S’ensuit un road movie pour retrouver les parents. L’enfant devient le révélateur du passé de chacun des protagonistes. Gin, qui noie son remord dans l’alcool et qui se ment à lui-même finit par avouer qu’il a quitté sa femme et sa fille parce que criblé de dettes de jeu. Hana, lui-même abandonné à sa naissance, désire garder ce bébé pour lui offrir l’amour qu’il n’a pas reçu. Miyuki, adolescente qui a fui ses parents après avoir asséné un coup de couteau sur son père auquel elle reprochait un manque d’amour, désire reprendre contact avec sa famille. Les rencontres fusent. La rédemption et les réconciliations deviennent possibles…

Pistes de travail :

  • Gin et Miyuki sont rongés par de nombreux remords : les énumérer, puis montrer comment, tout au long de leurs péripéties, ils font acte de rédemption (Gin accompagne un vieil homme dans ses derniers instants de vie, Miyuki est kidnappée, puis relâchée).
  • Montrer comment l’enfant joue un rôle de catalyseur qui permet aux protagonistes de faire face à leur passé.
  • Dresser la liste de toutes les rencontres que vivent nos trois héros et ce que chacune des rencontres amène. On peut utiliser la proposition de tableau et inscrire dans chaque case la réaction provoquée chez les protagonistes.

Montrer comment chaque personnage souffre d’un manque d’amour qu’il cherche à combler de manière faussée ou maladroite, et comment ce bébé – « un miracle » ne cesse de dire Hana – permet à chacun de changer sa réalité pour ainsi donner un nouveau sens à sa vie.

Liliane ROCHAT – Point KT




Au sud des nuages

Au sud des nuages, Jean-François AMIGUET, 2003, 85’
7 ans, suggéré 16 ans (tiré de www.filmages.ch)

 

Synopsis : Cinq Valaisans du Val d’Hérens décident de partir en Chine. Des cinq, un seul arrivera à destination. Un voyage initiatique, des rencontres insolites et beaucoup de remises en question.

Résumé :
Adrien est un homme replié sur lui-même, silencieux bien que respecté par les gens de son village. A la veille d’un voyage en Chine avec quatre de ses amis, il est contraint d’amener tout son troupeau de vaches malades à l’abattoir. Avant même le départ le voyage semble de mauvais augure : le vétérinaire ne peut y participer et est remplacé par le neveu de Léon, Roger, un Genevois qui a renié sa terre d’origine valaisanne. Au fil des stations, les participants rebroussent chemin. Adrien et Roger, seuls rescapés de ce périple, vont apprendre à se connaître. Roger tombe amoureux d’une femme mongole. Désespéré lorsqu’elle descend du train, il est assisté d’Adrien pour retrouver sa trace. Roger reste en Mongolie avec sa belle et Adrien franchit seul la frontière chinoise…

Pistes de travail :
Dresser un parallèle entre Roger et Adrien. A l’aide d’un tableau, dresser les différences qui séparent les deux hommes.

  • Adrien, introverti, montagnard, solitaire, est avare avec ses mots, indifférents, porte le poids des non-dits…
  • Roger, extraverti, citadin, social, parle plusieurs langues, curieux, exprime ses sentiments…

Un changement radical va s’opérer au fil des stations : Adrien apprend à regarder l’autre et à parler de ses peines, de son passé.

  • Montrer comment deux êtres différents peuvent se compléter et s’enrichir, voir se faire miroir et permettre aux choses refoulées de resurgir pour qu’elles guérissent.
  • Qu’apporte Roger à Adrien, et Adrien à Roger. Pourquoi les prend-on pour un père et son fils lorsqu’ils se trouvent en Mongolie ?

Citations :
« On meurt, on dit rien… » (Adrien)
« Ici il n’y a que deux saisons : l’hiver passé et l’hiver à venir » [en parlant du Val d’Hérens] (Roger)

  • En partant de ces deux citations : décrire la vision du monde d’Adrien et celle de Roger. Montrer comment ces phrases sont représentatives de leur manière d’être, et comment leur réalité respective va évoluer au fil du voyage.
  • Le film débute et s’achève par une scène de chasse et un combat de bovins : on retrouve les mêmes gestes, les mêmes attractions, ce à des milliers de kilomètres de distance.
  • Analyser le regard d’Adrien lorsque la scène se passe en Suisse puis en Mongolie et en Chine. Comment ses certitudes tombent, comment son regard s’ouvre…
  • Analyser la dernière scène : Adrien se retrouve seul sur un banc, à côté de lui une femme qui chante et qui ne comprend pas le français. Alors Adrien peut enfin s’exprimer, dire sa souffrance, déposer son poids et s’en retourner plus léger chez lui. Cette confession est le point final de ce périple : en quoi ce voyage a-t-il permis à Adrien de changer ?

Crédit : Liliane Rochat – Point KT




Fauteurs de paix

Fauteurs de paix, quatre documentaires, 2006, 104’
Série de l’Avent du Jour du Seigneur, France 2
DVD pour jeunes et adultes.
A voir aussi sur le site du Jour du Seigneur.

Ces quatre documentaires concernant quatre régions différentes du monde s’attachent à montrer les actions de plusieurs personnes ou organisations pour maintenir ou créer des espaces de paix dans des contrées difficiles. Le chemin de la paix a de nombreuses facettes.
Résumés :
Une communauté au service de la paix, Bernard MANGIANTE, 26’, diffusée le 27 novembre 2005.
  1. La communauté de Sant’Egidio a été créée à Rome en février 1968 par Andrea Riccardi. Aujourd’hui cette communauté catholique compte 50 000 laïcs dans 70 pays. Ce documentaire s’attache à la présence de cette communauté au Mozambique où, après avoir réussi à faire un travail de médiation qui a débouché sur un traité de paix en 1992, elle s’occupe à mettre en place un programme dénommé « Dream » avec les autorités sanitaires locales pour lutter contre le SIDA.

2. Irlande du Nord : Ligne de paix, Marc MAISONNEUVE, 26’, diffusée le 4 décembre 2005
A Belfast, une « ligne de paix » continue de séparer les protestants des catholiques. Malgré le traité de paix signé en 1998, les tensions règnent encore. C’est dans cette zone de paix qu’une communauté œcuménique s’est installée pour favoriser le dialogue. Une école y a vu le jour, il y a vingt-cinq ans, dont la particularité et la règle est la parité entre les deux confessions. Sœur Anne, membre de cette communauté œcuménique et co-fondatrice de cette école, porte à cœur de faire découvrir aux jeunes élèves les lieux, les coutumes et les habitudes de chacune des deux confessions. Ce documentaire s’attache à montrer l’effort accompli en Irlande du Nord par cette communauté pour rapprocher les deux confessions. Les jeunes apprennent, dans cette école, à connaître leur voisin pour tenter d’enrayer l’héritage de leurs parents.

3. Colombie : Les brigadistes de la paix, José BOURGAREL, 26’, diffusée le 11 décembre 2005
La guerre civile qui sévit en Colombie est l’une des plus anciennes et des plus meurtrières. Les violations du droit international humanitaires sont monnaie courante. Deux membres des brigades de la paix internationales (PBI : Peace Brigades International) sont chargés de se rendre à San José de Apartado pour tenter de garantir un peu de paix et de sécurité. Cette organisation offre une protection pour la population locale par un accompagnement physique de volontaires étrangers qui sont en lien avec leur pays d’origine, permettant ainsi que la communauté internationale soit au courant des exactions commises dans ce pays.

4. Chypre : Soixante voix et un seul message, Agnieszka ZIAREK, 26’, diffusée le 18 décembre 2005
En 1974, Chypre est séparée en deux, suite à l’invasion du nord de l’île par l’armée turque. Depuis l’an 2000, plusieurs initiatives pour la paix entre les deux camps ont vu le jour, dont une collecte de sang, les YEP (Youth encounters for peace) ou une chorale qui réunit une soixantaine de personnes chaque semaine où l’on apprend des morceaux dans les deux langues de l’île.

Pistes de travail :

  • Quels sont les chemins de paix choisis dans l’un ou l’autre de ces pays ?
  • A ton avis quel est le chemin qu’il faut parcourir pour pouvoir parler de paix avec un ennemi ?
  • Suis-je capable d’aller au-devant d’une personne qui m’est hostile pour ouvrir un dialogue ?
  • Qu’est-ce qui peut séparer les personnes ?
  • Quels sont les conflits que nous pouvons rencontrer dans nos vies qui nous poussent à changer de chemin, de voies, d’amis, etc. ?
  • A mon niveau, que puis-je faire ou offrir pour un espace de paix avec mon voisin, ma famille ou toute autre personne avec laquelle je pourrais être en conflit ?
  • Quel chemin de paix ai-je à parcourir pour arriver à rencontrer celle ou celui qui m’a blessé ?
  • Quels sont les pas que je suis capable de faire pour aller à sa rencontre et ceux que je ne peux pas faire ?
  • Quelles sont les aides dont j’ai besoin ?

Crédit : Nathalie Lanz – Point KT




Marie, Joseph : en chemin pour accueillir Dieu

Voici deux rencontres préparées et vécues dans le temps de l’Avent 2004 à Genève, dans la Communauté œcuménique des personnes handicapées et de leurs familles. La première fait revivre le récit de l’annonciation à Marie, dans l’évangile de Luc, la seconde le rêve de Joseph, dans l’évangile de Matthieu. Toutes deux centrées sur un élément visuel – un dessin, une reproduction de chapiteau – elles nous ouvrent à la venue de Dieu vers nous, et nous invitent à cheminer vers lui.

La Communauté œcuménique des personnes handicapées et de leurs familles regroupe des enfants, des jeunes et des adultes handicapés. Elle offre un enseignement religieux et un accompagnement spirituel à des personnes vivant principalement avec un handicap mental, et/ou polyhandicapé. Elle prépare les jeunes à la communion et à la confirmation. Elle est aussi un lieu d’échange et de rencontre pour les familles, des professionnels de l’éducation, et toutes personnes concernées.

Précision : Chaque rencontre s’ouvre par un moment assez ritualisé : mise en place du groupe des enfants (10-15 ans), prière gestuée, la même pour toute l’année ; chant, pratiquement le même pour toute l’année. Puis un moment est pris pour rappeler la/les rencontre/s précédente/s, avant d’aborder le thème du jour. Certains groupes travaillent plus avec les images, d’autres avec les chants, d’autres avec le dialogue, d’autres avec la narration. C’est pourquoi il est difficile de donner un déroulement détaillé. Nous avons davantage un canevas, sur lequel chaque catéchète s’appuie pour élaborer la rencontre de son propre groupe.

L’annonciation à Marie : on repart pour Nazareth

1. Objectifs

Dans une année entière dont le thème biblique est « le chemin », nous avons été frappés par tous ces voyages, ces mises en route, tant physiques que spirituelles, visibles qu’invisibles, dès qu’il y a rencontre entre Dieu et les humains. Cela est particulièrement clair au moment de la naissance de Jésus. Marie et Joseph ne peuvent pas rester inactifs après avoir reçu la nouvelle de la future naissance du Fils de Dieu. L’objectif de cette rencontre est de faire connaître ce mouvement pour Marie, et de le suggérer en chacun de nous.

2. Texte biblique : Luc 1,26-38

Des éléments importants : La mère du Messie est une vierge (v. 27-34) ; la grandeur (v.32) et la filiation divine de l’enfant (v. 32 et 35) pour Dieu ; le règne perpétuel du Fils de David (v. 33) et l’engendrement par l’Esprit (v.35). v. 31 …un fils que tu nommeras « Jésus » Yeh’chou’a = Dieu sauve
« Luc dépeint la relation renouvelée de Dieu à l’humanité. Le Dieu fidèle va, une fois encore, commencer par une naissance. Le roi attendu ne sera pas seulement protégé par Dieu, mais il est déjà engendré par lui. La fin dépassera de beaucoup le commencement. L’Esprit est l’instrument eschatologique qui commence la fin, ici pour le Fils (1, 35) et, plus tard, pour le peuple (Ac 1, 8). Les expressions « trône de David » et « maison de Jacob » désignent une espérance locale, mais l’infinité même du Royaume implique qu’il s’étendra à l’univers tout entier. Le Fils de Dieu reçoit la possession souveraine du temps et de l’espace. Pour accomplir son dessein, Dieu choisit la finitude et l’insignifiance humaines, ici une jeune fille d’environ douze ans (1, 27), autrefois le jeune Gédéon (Jg 6, 15). Que l’impossible soit possible à Dieu (1, 37), se révèle dans l’écart entre la faiblesse des moyens et la grandeur du résultat. Mais faiblesse des moyens n’est pas faiblesse de la personne : Marie a une force intérieure et une foi éclatante. Ainsi le seuil du futur de Dieu est-il franchi d’un pas. »
François Bovon, L’Evangile selon saint Luc (1-9), Labor et Fides, 1991, p. 79
3. La rencontre

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Jean-François KIEFFER, 1 000 IMAGES D’EVANGILE, Copyright Les Presses Ile de France 2005, avec leur aimable autorisation

Commencer par montrer cette image (télécharger l’image) et conter l’histoire de l’annonce.

En mettant l’accent sur :

  • L’écoute ! De qui ? De quoi ?
  • Dieu me parle ! Est-ce que je l’entends ?
  • Le regard ! Vers où ? Vers qui ?
  • Dieu me rejoint là où je suis (il CHEMINE vers moi !) en m’envoyant quelqu’un, comme l’ange envoyé à Marie, qui se trouve à Nazareth.

Marie a dit OUI à Dieu. Malgré un message, qui semble impossible ! Et elle s’est mise en CHEMIN vers Elisabeth.

Et moi, qu’est-ce que je dis à Dieu quand il me dit qu’il est avec moi et qu’il m’aime ? Vers qui je vais ?
Terminer par le chant : « La première en chemin » (chant d’origine catholique, paroles de Sr M.-C. Guédon, musique de G. Lefebvre, éd. SM, cote V 565).

Message : (Il s’agit d’une courte phrase qui est dite successivement à chaque participant, afin qu’il la reçoive comme un message qui lui est personnellement adressé.) « N.N., Dieu te dit : Je suis près de toi et t’invite à me dire OUI comme Marie ».

Un voyage intérieur : l’annonciation à Joseph

1. Objectifs Joseph entame là un voyage intérieur. L’objectif est de faire sentir que nous aussi, nous avons de ces moments où mûrissent en nous des idées, des apaisements, des certitudes. Un rêve n’est pas un cauchemar. Nous vivons une rencontre de calme et d’intériorité.

2. Texte biblique : Matthieu 1,18-25

Les différences entre Luc et Matthieu : Matthieu est juif (Luc était grec), il lui importe que Jésus naisse dans une famille juive régulière, donc avec un père légal. D’où l’importance donnée à la personne de Joseph, présenté comme un juste d’une justice typiquement juive – matthéenne. Il connaît la loi, il est fidèle à cette loi, il a une piété humble et active et veut, en libérant Marie de son engagement de fiançailles, faire un geste de miséricorde.
Matthieu ne donne aucune précision quant au comment de l’action du Saint-Esprit (Luc dit que l’Esprit descend sur Marie). La conception de Jésus est simplement « le fait de l’Esprit Saint », une action inattendue et souveraine de Dieu.
Joseph, chez Matthieu, est convaincu de l’adultère de Marie. C’est l’ange qui le persuade du contraire. Le fait que l’ange lui parle dans un rêve souligne que l’être humain ne peut qu’écouter passivement les instructions qui lui sont données, les appliquer et les exécuter immédiatement à son réveil. Joseph ne doit pas rester fidèle à Marie à cause du trésor unique qu’elle porte en elle, mais à cause de la nécessaire fonction de père davidique qu’il doit assumer auprès de Jésus et de sa mère. Et qu’il est seul à pouvoir assumer.
Le nom de Jésus est Emmanuel = Dieu sera présent au milieu de son peuple pour le secourir, combattre avec lui, le sauver. L’initiative divine, qui trouve l’homme endormi et inactif, est suivie immédiatement d’une activité concrète et humble des humains. Joseph va pouvoir agir parce qu’il n’a plus peur.
« Ne crains pas » (n’aie pas peur) peut renvoyer aux chapitres 41,43 et 44 d’Esaïe, où par trois fois Dieu dit à son peuple (et Joseph est bien de ce peuple) :
  • « Je suis avec toi » (Es. 41,10)
  • « Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi » (Es. 43,1)
  • « Je t’ai formé dès avant ta naissance, je t’aide, je t’ai choisi » (Es. 44,2)
Trois motifs de ne pas craindre qui s’appliquent parfaitement à la situation de Joseph, et qui ont peut-être résonné à son esprit au réveil. Quant au « voyage intérieur » de Joseph, il faut y voir effectivement un passage de la crainte à la confiance, de la paralysie à l’activité. Ce n’est pas une grande expérience religieuse ou mystique, ce n’est pas une communication extraordinaire avec le monde des anges ; ce sont des instructions très simples et concrètes que l’envoyé, le porte-parole de Dieu vient donner à Joseph pour débloquer une situation bloquée. Joseph est renvoyé au concret, à sa vie réelle, à un quotidien nouveau avec Marie et son enfant. Le voyage intérieur avance vers une porte ouverte sur la réalité. Dire tout cela n’est pas minimiser la valeur des décisions ou de la foi de Joseph, ni de Marie. Ce n’est pas banaliser l’extraordinaire de la naissance de Jésus. C’est suivre le texte biblique lui-même. Il faut toutefois reconnaître que beaucoup de questions se sont très tôt posées à l’Eglise et à la théologie naissante, comme en témoignent les récits apocryphes. Pasteur Anne-Lise Nerfin

3. La rencontre

Reprendre la silhouette de Marie pour faire le lien avec la rencontre précédente. Pour raconter l’histoire, montrer l’image de Joseph endormi, recouverte d’un voile de tulle jaune (signe du sommeil de Joseph, mais aussi de la présence auprès de lui de l’ange envoyé par Dieu).
Image
Montrer la silhouette de l’ange, et dire le message qu’il a apporté à Joseph : n’aie pas peur – accueille Marie comme ta femme – l’enfant qu’elle attend vient de Dieu – elle donnera naissance à un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, « Dieu sauve » – car c’est lui qui sauvera son peuple – Dieu l’avait annoncé : la vierge enfantera un fils, qu’on appellera Emmanuel, « Dieu avec nous ».
Enlever le tulle jaune : à son réveil, Joseph fait ce que l’ange lui a dit. Que s’est-il passé en lui ?
J’ai peur et je n’ai plus peur : qu’y a-t-il entre les deux ?
Chants :
« Je t’ai appelé par ton nom » (chant de Noël Colombier, éd. Air Libre, cote I 336, CD et K7 Catéchansons n°3)
« Ils ont marché au pas des siècles » (Recueils : Arc-en-ciel n° 542, Alléluia 31-32).
Message : « N.N., comme à Joseph, Dieu te dit : N’aie pas peur, je suis avec toi »

Crédit : Anne-Lise Nerfin et Nicolas Künzler pour Point KT




La parabole du salaire égal

Quand les ouvriers de la onzième heure révèlent la bonté du maître… 

« L’important c’est de participer », formule connue mais rarement vécue. Le sport, comme la plupart des jeux, suscite la compétition, surtout lorsqu’il est fortement médiatisé. Les jeux actuels, style « loft », tendent même vers la cruauté puisqu’il s’agit d’éliminer au fur et à mesure celui qui doit quitter. La parabole de Matthieu 20.1 à 16 décrit une vigne qui constitue un « loft » étrange où les « joueurs » sont intégrés petit à petit au lieu d’être éliminés.

Étudier une parabole, c’est entrer dans un genre littéraire très connu du judaïsme de l’époque biblique. Les paraboles de Jésus sont des métaphores. Expression où un terme concret est associé à une idée abstraite. Il s’agit d’une sorte d’image : « cela se voit comme le nez au milieu de la figure. » Jésus utilise cette forme de langage de manière brève (« ne jetez pas de perles aux pourceaux ») ou dans des récits plus développés. Les paraboles développent une idée appelée « la pointe de la parabole ». La méthode permettant de découvrir le message central dépend du type de parabole. Certaines présentent une histoire tout à fait banale pour l’époque, elle fonctionne alors par analogie comme lorsque l’on dit « c’est gros comme une maison ». Une maison est effectivement quelque chose de « gros », l’analogie opère immédiatement. C’est le cas de la parabole du semeur (Matthieu 13.1 à 9 ; Marc 4.1 à 9 ; Luc 8.4 à 8) montrant une scène ordinaire de la vie paysanne du temps de Jésus. D’autres commencent dans un cadre familier mais un élément inattendu intervient à la fin, provoquant une réaction de surprise. Les histoires drôles agissent de cette manière et la parabole de Matthieu 20. 1 à 26 également.

Chercher le sens de la parabole
Il faut distinguer le sens de la parabole elle-même de l’utilisation qu’en a faite l’évangéliste. Pour comprendre l’intention de l’évangéliste il faut examiner le contexte littéraire mais également connaître l’arrière-plan historique de Matthieu. Pour voir si le récit a eu, à l’origine, un sens plus universel que ce que l’évangéliste suggère, il faut effectuer son étude littéraire.

L’histoire des ouvriers de la onzième heure Matthieu 20 versets 1 à 3, 7, 8, 13 à 16 traduction « Parole de vie »

« Le Royaume des cieux ressemble à ceci : un propriétaire sort, le matin, de bonne heure. Il veut embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il décide avec les ouvriers de leur donner une pièce d’argent pour la journée et il les envoie à la vigne. Dès le début du récit l’accent est mis sur le maître (v. 1).

A neuf heures du matin il sort de nouveau. (…) Le propriétaire est particulièrement aisé, il peut engager autant d’ouvrier qu’il le veut. La parabole insiste sur son initiative souveraine. Ce n’est pas le travail des ouvriers qui est mis en valeur (v. 2 à 7).

Ils lui répondent : Parce que personne ne nous a embauchés. Le propriétaire leur dit : « Vous aussi, allez travailler à ma vigne. » Quand le soir arrive, à la onzième heure, le propriétaire de la vigne dit à son serviteur : « Appelle les ouvriers et donne à chacun son salaire. » (…) Le serviteur est sans doute une figure du Christ (v. 8).

Le propriétaire répond à l’un d’eux : « Mon ami, je ne suis pas injuste avec toi. Tu étais bien d’accord avec moi pour recevoir une pièce d’argent pour la journée. Prends ton salaire et va-t’en. Je veux donner à cet ouvrier arrivé en dernier autant qu’à toi. J’ai le droit de faire ce que je veux avec mon argent, n’est-ce pas ? [Est-ce que tes pensées sont mauvaises (Proverbes) désignant la colère et la jalousie de l’homme parce que je suis bon ? » Encore une fois le récit insiste sur la souveraineté du maître (v. 14). Après avoir mis en valeur la souveraineté du maître, la parabole montre qu’il utilise son pouvoir pour être bon (v. 15).

Et Jésus ajoute : « Ainsi, les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. » La conclusion est ici plus sévère qu’en Matthieu 19.30

Le judaïsme était divisé en de nombreux groupes, les disciples du Christ formaient un des courants religieux juifs. En parallèle, le christianisme s’est diffusé également parmi les non juifs, mais Matthieu s’adresse surtout aux juifs. Matthieu reprend le thème de 19.30. Le contexte montre clairement l’intention de l’évangéliste : polémiquer contre les pharisiens qui estimaient être « les premiers ». Dans les années 80-85, date de la rédaction de l’évangile, ils cherchaient à chasser des synagogues tous ceux qu’ils considéraient comme « de mauvais ouvriers » (v. 6).

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Crédit : Claude Demissy (UEPAL) – Point KT




Eclats de vie – tomes 1 et 3

Dans une perspective protestante, la culture religieuse pour des enfants de 6 à 11 ans est présentée d’une manière ouverte et originale. Théo et Line, accompagnés de leur chat, Malo, invitent à un voyage dans le monde du christianisme et à quelques escapades vers d’autres monothéismes. Avec eux, les enfants découvrent la Bible et mènent des réflexions sur les relations humaines, avec parfois un brin de malice et d’esprit critique. Les voyages de Théo et Line (voir la collection).

Utilisés dans les cours de culture religieuse protestante à l’école publique en Lorraine et en Alsace. Ils servent également pour une initiation à la religion en famille ou avec tout groupe d’enfants, en particulier les écoles du dimanche ou clubs bibliques (là où les enfants ne bénéficient pas d’un cours de religion à l’école publique). Ils participent à l’éducation à la citoyenneté en ouvrant les enfants à la différence religieuse. Ils s’appuient sur une tradition protestante qui cherche à concilier modernité, valeurs démocratiques et culture religieuse.
La collection comporte cinq ouvrages, le premier tome, pour les plus jeunes, comprend 68 pages illustrées, toutes en couleurs. 9.90 Euros. Le troisième tome fait 72 pages, illustrées et toutes en couleurs. 11.90 Euros. Un guide pédagogique accompagne chaque tome.

Contenu du tome 1
Destiné aux petits enfants 6-7 ans

1 Eclats de vie. Une nouvelle manière de présenter Genèse 1
2 Joie de naître, de vivre et de grandir ! A peine arrivé au monde il faut déjà grandir, c’est dur !
3 Une lumière en hiver : Noël. Quand un enfant naît, c’est comme une nouvelle lumière dans le monde
4 Jésus et son pays. A l’époque de Jésus les enfants jouaient.
5 Tristesse et joie. Prière des visages sombres, prière des visages clairs
6 Autour de Pâques. Depuis, à Pâques les chrétiens fêtent Jésus ressuscité
7 Le Bon berger. Une image pour dire Dieu
8 Vivre avec les autres. Tu ne dois pas voler. Les personnes handicapées

Contenu du tome 3
Destiné aux enfants de 8-9 ans

1 L’amitié. Dans la vie quotidienne et dans la Bible.
2 Religions et lieux de prière. Judaïsme, catholicisme, islam, protestantisme.
3 Noël. Approche historique et symbolique.
4 Leur vie a changé. Jésus rencontre un aveugle, un publicain, des lépreux.
5 Ruth l’étrangère. Avec une actualisation : Fatoumata déménage.
6 Pâques. Rêves, déceptions et renaissances.
7 Jacob, de pierre en pierre. Une présentation originale des pérégrinations du patriarche.
8 Violence et réconciliation. Pour gérer les conflits.

Le guide pédagogique
Une suite d’activités pour l’enfant ont pour objectif la compréhension mais également la production d’œuvres personnelles et l’énoncé de points de vue propres. Afin de différencier la pédagogie, les activités s’appuient sur des supports variés : narrations, illustrations, chants, jeux, bricolages. Des activités pour les enfants plus rapides et pour ceux avançant plus lentement enrichissent chaque rencontre. Ainsi aucun enfant ne se trouve en situation d’échec.

Les auteurs
Conçu par une équipe d’enseignants, de catéchètes, de pasteurs et d’universitaires, sous la direction de Claude Demissy, avec Christiane Lehmann, professeure des écoles, Eve-Line Macagnino, formatrice en enseignement religieux, Anne-Laure Thallinger-Luschnat, pasteure, Catherine Ulrich, formatrice en enseignement religieux, Richard Gossin, professeur de théologie, Jean-Pierre Schmitt, professeur des écoles, Ove Ullestad, Enseignant à l’Institut universitaire de formation des maîtres.

Pour commander : Editions Olivétan

Crédit : Claude Demissy (UEPAL) Point KT




Curius l’enfant du palais

Curius, le fils du roi Hérode, passe sa vie dans le somptueux palais du souverain. Il profite de l’agitation créée par l’arrivée des mages, pour se glisser hors de sa prison dorée. De bien étranges rencontres l’attendent alors… qui finissent par le conduire vers l’enfant nouveau-né.

 

 

  • Entendre la narration de Curius, l’enfant du palais.
    Texte : Daniel Priss
    Voix : Françoise Priss
    Oud (luth oriental) : Lior Blindermann
    Enregistrement : Studio Jazzophone (Daniel Priss)

Crédit : Daniel Priss – Point KT




La marche, un outil pédagogique ?

De « pédagogie », le dictionnaire nous dit : « science de l’éducation des enfants ». Le premier jalon est posé. Lorsque Dieu envoie les hommes marcher (Genèse 3 au verset 23, 4 au verset 12, 11 au verset 9, 12 au verset 1…), il est bien question de Ses enfants !

Et « éducation ». Reprenons notre dictionnaire : « Education : action de former, d’instruire quelqu’un ; manière de comprendre, de mettre en œuvre cette formation… »

Adam le glébeux et Ève la vivante doivent se mettre en route et quitter le jardin d’Eden. Ils ont voulu s’instruire à la va-vite (Ge 3,6) sans tenir compte des limites bienveillantes de leur Créateur. Hors du Jardin, ils devront mettre en œuvre cette instruction, cette formation « en transpirant beaucoup jusqu’à la mort » ! (3,19)

Caïn, s’étant jeté sur son frère et l’ayant tué, « ira toujours d’un endroit à l’autre et ne pourra jamais s’arrêter sur la terre » (Ge 4,12 et 14). Education ? Caïn pose une question « Suis-je le gardien de mon frère ? » « J’entends la voix du sang de ton frère » répond le Seigneur. Caïn doit-il être puni, mourir ? Non, le Seigneur l’a instruit, et l’envoie en vie pour mettre en œuvre cette instruction (Ge 4,15)…

Les habitants de la terre, dans l’impossibilité de terminer et leur tour et leur ville (Babel), sont « envoyés un peu partout dans le monde entier » (Ge 11,8-9). Ce récit est souvent lu comme la réponse d’un dieu jaloux de ses privilèges à un peuple essayant de le rejoindre sur son terrain. Pourtant, il y a d’autres lectures proposées (par ex. C. Briffard « Sem », Etudes Théologiques et Religieuses n°75, 2000/3), Marie Balmary met en avant l’uniformisation stérile qui aurait résulté de cette tour : une seule tour, une seule ville, un seul peuple, une seule langue… Enroulement du soi sur soi, du pareil au même. En dispersant les habitants de la terre, leur Créateur les éduque à la diversité, principe fondamental de la vie. « Vie », tiens, encore !

Et au chapitre 12, c’est Abram qui se met en marche, « comme le Seigneur l’a commandé » (Ge 12,4). Et cetera, et cetera, et cetera.

Dans quelques récits, la marche des personnages leur donne le temps de la réflexion. Dans d’autres, le chemin est parsemé de rencontres ou d’embûches contribuant à leur éducation. Certaines marches, liées aux fêtes de pèlerinage et à la lecture de la Loi sont rassembleuses. D’autres dispersent pour répandre la Bonne Nouvelle. Tout au long des deux testaments, on marche.

Vous me direz : « Normal, pas de voitures en ce temps-là ! » Bien sûr ! Mais dans certains cas, les personnages auraient pu rester sur place, car ils font des allers-retours. Non, ils marchent, selon la volonté de Dieu.

Comment actualiser cette pédagogie de la marche au caté d’aujourd’hui ? Nous nous heurtons à des inconnues, à des difficultés pratiques : nous ne pouvons pas nous mettre à la place de Dieu car, dans les récits bibliques, c’est lui qui envoie. Nos déplacements de caté sont organisés en voiture, en bus, en train : le stress remplace très souvent le temps de réflexion ! La marche est, en certains endroits, bien dangereuse. Ce ne sont plus les ours ou les bandits qui nous effraient, mais bien les chevaux vapeur des lourds engins à moteur lancés à toute allure.

Alors, marcher ou ne pas marcher ? Sans nous mettre à la place de Dieu, nous pouvons proposer à nos jeunes de marcher. Marcher au matin de Pâques, pour aller voir le soleil se lever ; marcher au flambeau à la veillée de Noël pour matérialiser la lumière dans la nuit ; cheminer en compagnie de personnes âgées ou en difficulté motrice dans le but de vivre la différence ; marcher seul, à son rythme, lors d’un camp ; marcher en silence ; marcher pieds nus pour sentir comme chaque pas peut compter, peut coûter… Des expériences qui peuvent pour certains être dérangeantes. La marge est étroite entre ces propositions « existentielles » et des activités de type « new age » qui n’entrent pas dans nos compétences. Il nous faudra donc délicatement préparer nos propositions et ce, toujours en lien avec notre référence chrétienne : la Bible.

Crédit : Marie-Pierre Tonnon (EPUB) – Point KT, photo Pixabay