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Se plonger 7 fois dans le Jourdain

« Voici un conte que j’avais écrit pour un culte entre les versets 12 et 13 de 2 Rois 5. Un culte tout à la fois intergénérationnel, et avec l’Église malgache de Provence qui est venue soutenir les prières et les chants avec leurs instruments. 3 jours avant le culte, j’ai recruté deux paroissiens pour répéter ensemble la prédication. On l’a bien travaillé le mercredi et on a surtout passé un bon moment à retravailler ensemble mon texte. J’y ai mis les rivières et les fleuves qui passent à proximité d’Avignon – mais on peut l’adapter avec l’Ill et le Rhin – ou toute autre rivière qui traverse les villes de France. Le seul accessoire que nous avions : la crécelle de Naaman que je tournais, pour parfois introduire son propos. Cette narration est tout à fait adaptée à l’occasion d’un baptême. »

Ordre du culte :

♪ Jeu musical
– Proclamation de la grâce de Dieu – Accueil – Prière de louange
♪ Alléluia 21-07 : Qu’aujourd’hui toute la terre – § 1, 2 et 5
– Volonté de Dieu – Prière de repentance
♪ Alléluia 45-10 : J’ai soif de ta présence – § 1, 2 et 5
– Déclaration et accueil de la grâce
♪ Alléluia 42-08 : Toi qui disposes – les trois §
– Prière d’illumination
♪ Alléluia 51-14 : Quand l’Esprit de Dieu habite en moi – § 1, 2 et 3
– Lecture 2 Rois 1-15 (page 4) et prédication
♪ Chorale
♪ Alléluia 44-11 : Entre tes mains j’abandonne – § 1, 2 et 3
– Confession de foi : Symbole des apôtres
– Annonces – Collecte
– Prière d’intercession et Notre-Père
– Parole d’envoi – Bénédiction
♪ Alléluia 44-11 : Je suivrai mon Seigneur et mon maître (pages 2 & 3)

Prédication narrative

Narrateur (2 Rois 5, versets 1 à 14) :

Naamân, chef de l’armée du roi d’Aram, était un homme estimé de son maître, un favori, car c’était par lui que le SEIGNEUR avait donné la victoire à Aram. Mais cet homme, vaillant guerrier, était lépreux.
Les Araméens étaient sortis en razzia et avaient emmené du pays d’Israël une fillette comme captive ; elle était au service de la femme de Naamân. Elle dit à sa maîtresse : « Ah, si mon maître pouvait se trouver auprès du prophète qui est à Samarie ! Il le délivrerait de sa lèpre ».
Naamân vint rapporter ces paroles à son maître : « Voilà ce qu’a dit la jeune fille qui vient du pays d’Israël ». Le roi d’Aram dit : « Mets–toi en route ! Je vais envoyer une lettre au roi d’Israël ». Naamân partit, prenant avec lui dix talents d’argent, six mille sicles d’or et dix vêtements de rechange.
Il présenta au roi d’Israël la lettre qui disait : « En même temps que te parvient cette lettre, sache bien que je t’envoie mon serviteur Naamân pour que tu le délivres de sa lèpre ». Après avoir lu la lettre, le roi déchira ses vêtements et dit : « Suis-je Dieu, capable de faire mourir et de faire vivre, pour que celui–là m’envoie quelqu’un pour le délivrer de sa lèpre ? Sachez donc et voyez : il me cherche querelle ! »
Lorsque Elisée, l’homme de Dieu, apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il envoya dire au roi : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Que Naamân vienne me trouver, il saura qu’il y a un prophète en Israël ! ».

Naamân vint avec ses chevaux et son char et s’arrêta à l’entrée de la maison d’Elisée. Elisée envoya un messager pour lui dire : « Va ! Lave-toi sept fois dans le Jourdain : ta chair deviendra saine et tu seras purifié ».
Naamân s’irrita et partit en disant : « Je me disais : Il va sûrement sortir de chez lui et, debout, il invoquera le nom du SEIGNEUR son Dieu, passera la main sur l’endroit malade et délivrera le lépreux. L’Abana et le Parpar, les fleuves de Damas, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Ne pouvais-je pas m’y laver pour être purifié ? » Il fit donc demi–tour et s’en alla furieux.

Narrateur : L’un des serviteurs de Naamân s’adresse à lui.

Serviteur – Vous avez l’air contrarié mon maître…

Naamân (qui se gratte avec une crécelle) – On le serait pour moins. Non seulement cette peste ne cesse de gagner du terrain mais en plus, mes adversaires en profitent pour prendre leur revanche et se moquer de moi. C’est une honte ! Ont-ils oublié qu’ils parlent au général en chef de leur suzerain ? Pas plus tard qu’hier, je triomphais d’eux – tout en considérant toujours, qu’il est indigne de frapper un homme à terre. Lorsque j’ai vaincu Israël, c’étaient eux qui étaient à terre à mes pieds, c’étaient eux qui capitulaient et imploraient ma clémence.
Par exemple : ce prophète Elisée, il n’a même pas daigné sortir de chez lui pour me rencontrer, il ne m’a envoyé qu’un serviteur !

Serviteur – … un serviteur… comme moi…

Naamân – Maudite peste (tourner la crécelle), jusqu’à quand devrai-je, à cause d’elle, supporter l’insolence de tous ces serviteurs et esclaves, de ces femmes et ces enfants, qui se permettent de me donner des leçons ? Ça a commencé par cette enfant captive d’Israël, qui a parlé à ma femme – puis ce prophète qui m’envoie son larbin – et puis toi maintenant… J’en ai assez ! C’est décidé : je retourne dans mon pays d’Aram !

Serviteur – … c’est dommage, mon maître : vous aviez déjà fait un grand bout de chemin.

Naamân – … un chemin qui mène nulle part, oui ! : me plonger 7 fois dans le Jourdain ? ça n’a ni queue, ni tête ! J’attendais un peu de considération de la part de ce prophète, qu’il fasse quelques incantations religieuses, qu’il fasse miroiter devant moi l’or des instruments cultuels, qu’il me prépare je ne sais qu’elle décoction sacrée – ne serait-ce que pour voir un peu la couleur des 10 talents d’argent et des 6 000 sicles d’or que j’ai investi dans l’affaire – histoire aussi de palper la présence du divin, tu vois ? …
Mais rien de tout ça. Juste cette parole saugrenue : « Va te plonger 7 fois dans le Jourdain ». Quand bien même il y aurait une part de vrai dans cette parole, L’Abana, le Parpar, la Sorgue, la Durance tout proche d’ici – ne pouvaient-ils pas tout autant faire l’affaire ?

Serviteur – Certes, mais vous qui rejetez les paroles absurdes, écoutez celle-ci, car elle est sensée : si le prophète vous avait commandé de faire quelque chose de compliqué – vous connaissant – je suis sûr que vous l’auriez fait. Mais voilà qu’il vous demande de faire quelque chose qui semble ne rien coûter – et ça, vous vous y opposez. Pourquoi donc ?

Naamân – Vois-tu, de toute ma vie, je ne dois rien à personne. Mes parents étaient à une place semblable à la tienne, figure-toi. Ma vie, je l’ai gagnée, au fil l’épée notamment. J’ai grimpé un à un les échelons et des concours… jusqu’à la droite du roi ! sans que personne ne m’aide. A l’école militaire, on ne m’a appris ni la mendicité, ni la soumission. Voilà pourquoi je me méfie de tout ce qui est soi-disant gratuit, de tout ce qui ne se gagne pas. Car ce que l’on te donne, on te le reprend toujours au décuple d’un autre côté. Mets-toi ça dans la tête fiston, on n’a rien sans rien. Ce qui ne se gagne pas, n’a pas de valeur. Voilà pourquoi j’y ai engagé mes fonds propres : je suis venu avec une lettre du roi d’Aram et tout cet or et tout cet argent.
Mais je ne viens pas ici pour capituler : mais pour guérir. Et cette guérison, c’est comme je veux – quand je veux – et où je veux, tu m’entends ! Même un genou à terre, c’est toujours moi qui commande ! On ne me dirige pas. Mais cessons ces bavardages et levons le camp. Nous n’avons que trop perdu de temps.

Serviteur – Pour l’instant maître, ce temps n’est ni gagné, ni perdu. Tout va dépendre de la décision que vous êtes sur le point de prendre…

Naamân– Comment ça ?

Serviteur – J’ai tout d’abord essayé de m’inscrire dans votre de grille de valeur, et de vous donner un argument raisonnable pour obéir au prophète : vous vous obstinez à vouloir faire demi-tour.
Alors, souffrez de perdre encore une ultime minute. Qui sait ? Peut-être sera-t-elle la minute décisive de votre vie ? – celle de votre baptême…
Passons maintenant à l’irraisonnable – car, que vous le vouliez ou non, en allant voir cet homme de Dieu – en venant au culte ce matin, – vous vous êtes déjà hasardé de façon folle. Ce qui vous est demandé maintenant, c’est d’aller encore plus loin, dans cette même direction : inversez le rapport de force dans lequel vous vivez, pour envisager un rapport scandaleux de faiblesse.
Je vous parle là d’un véritable retournement : une conversion ! Cessez de vouloir enrôler tout le monde sous vos ordres. Rangez votre business-plan. Essayez d’imaginer un retour sur investissement… sans investissement.
Vous avez engagé vos fonds propres dites-vous ?… mais est-ce que vous êtes prêts à engager votre propre fond, le fond de vous-même ? Pour cela : il va falloir commencer par déposer votre épée, vous décharger de votre armure, vous mettre à nu, et plonger dans l’eau – et, qui plus est, 7 fois – histoire de bien témoigner que c’est à Dieu que vous vous confiez.

Naamân – Rendre les armes, jamais ! Veux-tu que je perde la vie !
Tant que t’y es, pourquoi pas demander le baptême !

Serviteur – A vouloir sauver votre vie – mon maître, avec tout le respect que je vous porte : vous la perdez. Posez votre épée aux pieds de Dieu, et alors, il vous adoubera comme chevalier de sa Parole. Ecoutez bien ceci : vous avez raison sur un point. L’eau du Jourdain, en elle-même, ne vaut pas mieux que l’eau d’ici. Sa valeur est dans le chemin que vous avez suivi pour marcher jusqu’à elle.

Naamân – ça, c’est le moins qu’on puisse dire : 200 Km en pleine canicule !

Serviteur – Je ne parle pas seulement de ce chemin-là, mais d’un mouvement qui s’est déjà amorcé à l’intérieur de vous-même : vous avez commencé par écouter cette jeune captive, dont vous n’aviez même pas remarqué l’existence. Et maintenant, c’est moi-même, votre serviteur, que vous écoutez. M’aviez-vous déjà écouté auparavant ?

Naamân – Il ne manquerait plus que ça ! Que les maîtres dussent écouter leurs serviteurs ! Tant que tu y es, pourquoi pas un syndicat d’esclaves ?

Serviteur – Et pourtant tu m’écoutes de plus belle…

Naamân (à l’assemblée) – Le voilà maintenant qui me tutoie ! Le pire, c’est que je ne m’en offusque pas !

Serviteur – … car tu commences à réaliser que l’important n’est pas le statut – ni la couleur de peau – de celui qui te parle. Tu ne t’en rends peut-être pas compte mais, en t’engageant sur cette voie, tu t’es déjà mis en route. Tu as quitté ton pays, ta famille, ta maison – tout comme Abraham, leur ancêtre.
Tu es l’un des leurs maintenant, fils d’Abraham, en marche vers le Jourdain, en marche vers une relation nouvelle avec Dieu. Comme lui, il te faut maintenant sortir de toi-même.
Ce prophète t’a déjà amené doucement à reconsidérer ta relation à l’autre, à désirer écouter ceux que tu réduisais auparavant à rien.
Que tu le veuilles ou non : ton chemin est déjà engagé.
Ce que Dieu attend de toi, ce n’est ni la fuite, ni une mise en scène pour faire plaisir à tout le monde, mais d’être à Son écoute, et à celle de tes proches.

Naamân – Mais que restera-t-il de moi, au final ? Si tout se joue malgré moi ?

Serviteur – Rien n’est joué.
Tu verras : tu crois que ton armure te protège, mais elle t’enferme. Elle te sépare de l’autre. Elle est l’image que tu préfères renvoyer, parce que tu te déconsidères. Loin d’être un refuge, ton armure est une prison. Elle est ton amour-propre, et te ferme à l’amour de l’autre. Décharge-toi d’elle… ça te fera du bien… Commence par ta cuirasse, puis ce sera au tour de ton char et de tes chevaux. Il t’appartient de troquer ton char contre la foi qui te portera – tes chevaux contre la grâce de Dieu qui t’entraînera : ce sera pour toi une libération. Tu poursuivras alors, d’un pas encore plus assuré, ce chemin qui t’ouvrira à une relation nouvelle à toi-même, à l’autre, et à Dieu.

Naamân (à l’assemblée) – C’est qu’il parviendrait presque à me convaincre ! (au serviteur) Mais dans cette relation nouvelle, pourquoi serait-ce à moi de faire le premier pas ?

Serviteur – Le premier pas – celui qui coûte – figure-toi que Dieu l’a déjà fait. Il t’attend. Sous l’eau du Jourdain. Il t’attend depuis si longtemps qu’il en suffoque à en mourir pour toi. Vas-y sans honte, sans armure ni crécelle, et tu vivras avec Lui.

Narrateur (Lecture de la suite du texte, 2 Rois 5, 14-15) :

Alors Naamân descendit au Jourdain et s’y plongea sept fois selon la parole de l’homme de Dieu. Sa chair devint comme la chair d’un petit garçon, il fut purifié. Il retourna avec toute sa suite vers l’homme de Dieu. Il entra, se tint devant lui et dit : « Maintenant, je sais qu’il n’y a pas de Dieu sur toute la terre si ce n’est en Israël. »

Crédits : Daniel Schrumpf (EPUdF), Point KT, Illustration Pixabay




Lazare, ressuscité ?

Prédication narrative pour les jeunes (Evangile de Jean 11, 1- 45)

 

Il y a bien longtemps, en 68 de notre ère pour être plus précis, dans une petite ville des environs d’Ephèse, une femme d’environ 65 ans se dirige vers la maison où son Église se réunit. En chemin, elle pense aux événements qui agitent tous les esprits. Un messager en provenance de Jérusalem est arrivé hier chez Jean. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Certes, les frères et sœurs ont quitté la ville, mais la guerre qui fait rage attriste tout le monde. Non seulement les Romains assiègent la ville, mais à l’intérieur, les différentes factions se battent entre elles. Jésus avait bien raison : la violence ne mène qu’à la violence.
Marthe, puisque c’est elle, a accepté d’enseigner les enfants pendant que les adultes discutent de la guerre et prient pour les Juifs prisonniers de la ville et prisonniers de la violence.

Les enfants qu’elle va rencontrer, elle les connait bien. Tous, ils l’appellent grand-mère, que ce soit ses arrière-petits-enfants ou leurs amis. C’est bien ainsi, se dit-elle, puisque tous nous formons une grande famille, grâce au Seigneur Jésus Christ. Pour ceux qui sont nés dans l’Église, c’est tout naturel. Pour les autres, c’est une vraie découverte. En particulier pour le petit Rufus qui ne dit jamais rien : ses parents sont morts de la fièvre l’hiver dernier juste après avoir rejoint l’Église et Rufus a été recueilli par Myriam, la nièce de Jean.

De quoi parler aujourd’hui ? Comment leur parler ? Elle qui a rencontré le Seigneur ressuscité, elle qui parcourut l’empire jusqu’à Rome en compagnie de son mari Barnabas avant de s’installer à Éphèse avec Jean et ses proches, elle trouve toujours bien plus difficile de s’adresser aux enfants qu’aux adultes. Et puis, il y a le petit Rufus.

Lorsque, devant la maison de Jean, Marthe a fini d’embrasser tous ces petits, les demandes fusent : « Alors grand-mère, tu nous parles de quoi aujourd’hui ? Raconte la fois où Jésus a guéri un aveugle ! Non, la fois où il est entré à Jérusalem sur un ânon ! C’est vrai que les Romains vont tuer tout le monde à Jérusalem ?

Et puis, il y a Rufus, qui ne dit rien.

Alors Marthe se décide. Est-ce que je vous ai déjà parlé de la fois où mon frère Lazare est mort ?

Grand-Père Lazare ! Mais il n’est pas mort, il est en train de discuter là-dedans avec les autres !

Eh bien si, Lazare est mort, il y a bien longtemps, et c’est le Seigneur Jésus qui l’a ramené à la vie.

C’était l’année où le Seigneur a été crucifié, pas très longtemps avant qu’il n’entre à Jérusalem monté sur l’âne. Nous habitions Béthanie, pas loin de Jérusalem, avec Marie notre sœur qui est morte il y a bien longtemps maintenant. Jésus et ses disciples les plus proches étaient en Galilée, ils se cachaient des chefs religieux qui voulaient la mort de Jésus. Lazare est tombé gravement malade. Marie et moi avons tout de suite envoyé un message à Jésus. Nous savions qu’il pourrait le guérir. Mais l’état de Lazare a empiré et il est mort.
– Pourquoi Jésus n’est pas venu ? demande la petite Salomé.
– C’est Nathanaël qui m’a raconté. Jésus n’a pas bougé quand il a entendu notre message. Pourtant, il aimait Lazare comme un frère. Il a attendu que Lazare soit mort pour venir à Béthanie. Ses disciples ne voulaient pas, c’était trop dangereux. Mais Jésus a insisté qu’il fallait qu’il y aille pour aider ses disciples.

– Tu veux dire aider Lazare, non ?

– Ce n’est pas ce que Nathanaël a raconté. En tous cas, Thomas, qui n’a jamais eu peur de rien, a encouragé tout le monde à suivre Jésus, même s’ils risquaient tous la mort et ils sont partis pour Béthanie.

Pendant ce temps, nous avions mis Lazare dans un tombeau et nous pleurions, Marie et moi. Les voisins, des amis de Jérusalem étaient venus nous entourer.
Et voilà qu’un garçon est venu me prévenir discrètement que Jésus arrivait. Alors je me suis précipitée sur le chemin et quand je l’ai vu, je me suis effondrée. Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort, tu aurais pu le guérir, lui ai-je dit.
Vous savez, Jésus avait une manière bien particulière et bien curieuse de répondre quand on lui parlait. Il fallait souvent réfléchir longtemps avant de comprendre ses paroles. Là, il m’a dit « Ton frère vivra ». Je ne comprenais plus rien. Jésus me disait la même chose que tous ces gens venus pour me consoler. Mais cela ne me consolait pas du tout. Je lui ai répondu ce qu’on m’avait appris : je sais que Lazare revivra à la fin des temps, quand tout le monde ressuscitera. Entre nous, je ne comprenais pas bien ce que cela pouvait signifier.

Alors Jésus m’a répondu : « C’est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui met sa foi en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et met sa foi en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

Je l’ai regardé, et c’était comme si je le voyais pour la première fois. C’était toujours le même Jésus, celui qui venait dîner à la maison, qui nous racontait des histoires du Royaume de Dieu, qui nous parlait de l’amour de Dieu pour tous les humains. Mais c’était aussi quelqu’un d’autre. Je ne comprenais pas jusque-là pourquoi les disciples disaient qu’il était le Messie, le Fils de Dieu, mais là, j’ai compris. J’ai compris qu’il était vraiment celui que tout le monde attendait, celui que Dieu avait envoyé dans le monde. J’ai cru en ses paroles. C’est comme si un poids avait été enlevé de mon cœur, comme si quelqu’un d’autre habitait dans mon cœur avec moi.

– Mais ton frère, Lazare, celui qui était mort ?

Ah Lazare ! Oui, il était toujours mort, mais les paroles de Jésus me consolaient non pas de son absence, mais pour lui. Lui aussi avait connu Jésus et cru en lui.

Je ne me souviens plus bien du reste. J’étais toute étourdie par cette découverte soudaine sur Jésus, comme si je ne l’avais jamais vu ni entendu avant. Il était à la fois toujours le même et différent, imposant. Tout à coup, nous étions devant le tombeau ouvert de Lazare et Jésus était en larmes. Je ne me souvenais plus de l’y avoir suivi. Il y avait Marie et les voisins. Tous disaient la même chose : Jésus aurait pu guérir Lazare. C’était comme si j’étais la seule à me rendre compte qu’il était différent. Enfin, la seule, sans doute pas. Ses disciples proches, Thomas, Philippe et les autres, l’avaient compris depuis longtemps déjà.
Alors Jésus a levé les yeux au ciel et demandé à Dieu de l’exaucer à cause de nous. Il a alors crié : « Lazare, sors ! » Et mon frère est sorti, tout empêtré dans ses bandelettes. Jésus a alors demandé qu’on l’aide à s’en démêler et il est reparti vers la maison, comme si rien ne s’était produit.
Je peux vous dire que Lazare ne comprenait rien, que les voisins et amis étaient bouleversés. Nous pensions tous que seul Dieu était capable de faire revivre les morts, et voilà que Jésus en avait le pouvoir ! Beaucoup ont alors cru qu’il était vraiment le Messie, celui que Dieu avait choisi pour libérer le peuple. Moi, j’avais compris qu’il était bien plus que cela. Je suis la résurrection et la vie avait-il dit.

Marthe se tait et regarde les enfants. Les plus grands connaissent l’histoire par cœur. Les plus jeunes sont captivés, et Rufus a l’air de penser très fort. Marthe soupire. Elle se fait vieille. Bientôt, plus personne ne pourra raconter comment elle a rencontré le Seigneur. Heureusement, Jean et d’autres avec lui sont en train d’écrire un livre pour témoigner de tout ce qui est arrivé. Les enfants de ces petits ne connaîtront plus aucun témoin direct de ces événements qui ont changé tant de choses.

Lydia demande : alors, Lazare ne va plus jamais mourir ?

– Si, bien sûr Lazare va mourir. Il n’est pas ressuscité comme le Seigneur est ressuscité.

Simon ne comprend pas : à quoi cela sert que Jésus ait fait revivre Lazare puisque tout le monde continue à mourir ?

– Tu sais, tout le monde n’a pas cru que Jésus était le fils de Dieu. Il y a beaucoup de juifs qui ne le croient toujours pas. Jésus l’avait dit, il avait dit que Dieu lui avait donné le pouvoir de faire vivre les morts. En rendant la vie à mon frère, il a montré que c’était vraiment vrai, qu’il avait ce pouvoir.
Simon insiste : mais pourquoi les croyants continuent à mourir, comme mon cousin Jacob, puisque Jésus leur a promis qu’ils ne mourraient pas ?
– Simon, Jésus a promis qu’ils vivraient, même s’ils étaient morts. Tu sais, quand on découvre que Jésus est le Seigneur, on découvre tout à coup qu’on n’est pas seul, qu’il est toujours avec nous. On ne le voit pas, c’est comme une présence à l’intérieur de nous. C’est cela la vie qui ne s’arrête jamais, la vie avec Dieu, avec Jésus.

– Comment tu peux le savoir ? C’est Lazare qui te l’a dit ?
– Non, Lazare ne parle jamais de ce qui s’est passé quand il était mort. Mais je sens aujourd’hui, maintenant, que Dieu est avec moi, je vois la vie et les choses de manière différente, comme Jésus l’avait promis. C’est le témoignage de tous les frères et sœurs. Je suis sûre que lorsque vous interrogez les autres adultes, ils vous disent la même chose. Alors, puisque cette promesse s’est réalisée dans ma vie, je fais confiance, je crois que la promesse de Jésus que cette vie avec Dieu ne s’arrêtera jamais, même quand je mourrai, est vraie aussi.

Rufus prend alors la parole : je ne vois pas ce que cela change. On est malheureux quand quelqu’un meurt.
– C’est vrai et Jésus a pleuré devant la mort de Lazare, devant notre peine. Tu sais, j’ai perdu beaucoup de personnes que j’aimais beaucoup, dans ma famille. Ma sœur Marie, mon mari Barnabas, plusieurs de mes enfants et petits-enfants. Et puis des frères et sœurs dans l’Église : Nathanaël, Salomé, Julia et tant d’autres. J’ai pleuré, nous avons tous pleuré parce qu’ils nous manquaient. Mais j’ai confiance, ils sont avec le Seigneur. Et je ne me suis jamais sentie seule dans ma peine. Le Seigneur était à mes côtés, il pleurait avec moi et il me soutenait. Et tous les frères et sœurs pleuraient avec moi, et nous nous aidions les uns les autres. Avoir une famille autour de soi quand on est triste, cela aide beaucoup. Jésus nous a donné cela aussi, une famille de frères et sœurs qui nous aiment et nous soutiennent quand notre propre famille ne peut plus le faire.
– Alors, c’est pour cela que tu dis tout le temps frère et sœur à des gens qui ne sont pas de ta famille ? dit Rufus.
– Ils sont de ma famille, vous êtes tous de ma famille puisque nous avons le même Père qui nous aime.

Lorsque les adultes sont sortis de la maison pour rentrer chez eux, tous les enfants se sont éparpillés comme des moineaux. Le petit Rufus s’est retourné et a crié : A bientôt grand-mère !
Amen

Crédit : Anne Petit (EPUdF), Point KT, Illustration Pixabay




Loué sois-tu Éternel – chant d’Église Junior

 

À l’occasion d’une rencontre jeunesse avec des enfants âgés de 6 à 12 ans autour du Psaume 91 et de l’histoire de Job est né ce petit chant tout simple autour de l’idée : « Dieu prend soin de moi ».

 


Version instrumentale

Partition (PDF)

Paroles

Tu étends sur moi tes ailes,
Et tu me protèges :
Loué sois-tu Éternel !

Tu me couvres de tendresse,
Jamais ne me délaisses :
Loué sois-tu Éternel ! (3 fois)

Crédits : Église Junior




Recension en lien avec les handicaps

 

Voici une recension des articles disponibles sur pointkt.org ayant pour thème le handicap. Bonnes découvertes !

 

 

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Des liens pour aller plus loin

 

Crédits : Laurence Gangloff (UEPAL), Point KT, Pixabay




Félix et Simon : qui est Jésus ?

Dans cet article : un conte pour le temps des rameaux et une prédication pour son actualisation…

En l’an 30 de notre ère, à Jérusalem, un jeune garçon regarde la ville du haut de la forteresse Antonia. La ville, si on peut dire. Ici, c’est un bled. Les gens sont bizarres, sales, ils ne vont pas aux bains, c’est contraire à leur religion, ils ne se rasent pas, ne s’épilent pas. Ils ne font pas de sport, ils n’aiment pas les jeux du cirque. Il n’y a vraiment rien à faire. Félix ne voit pas pourquoi il n’aurait pas pu rester à Césarée. Mais voilà, on ne pouvait pas lui attribuer de garde, toutes les troupes de son oncle étaient déployées à Jérusalem. Il y avait même des renforts venus de Syrie. Tout ça pour quelques paysans.
Félix soupire. Il s’ennuie. Dans la rue au moins, il y a de l’animation. Mais son oncle Ponce est formel : trop dangereux pendant les fêtes, il y a souvent des émeutes. Quelqu’un arrive : la livraison de vin. Félix descend en vitesse et se faufile par le portail laissé entrouvert.

Quel bruit, quelle poussière ! En vrai, on se croirait à Rome, sauf bien sûr que les gens sont bizarrement habillés. Bien sûr, personne ne parle latin, sauf les soldats que Félix évite soigneusement, mais bien d’autres langues se font entendre, et parmi elles, du grec. Le grec, Félix connait, son précepteur le lui a fait entrer dans la tête à coups de trique !

Oui, il y en a du monde. Il parait que c’est chaque fois la même chose quand il y a une fête. Ils vont tous au temple de leur dieu. Encore un truc bizarre : un seul dieu, un seul temple. Pas étonnant qu’on les ait battus. Mais il ne faut rien dire, ils ont le droit, c’est l’empereur lui-même qui l’a dit.

Félix ne regarde pas du tout où il va et se cogne violemment contre un autre garçon, un peu plus âgé que lui, un gars du pays. Ce dernier marmonne quelque chose, regarde Félix et dit alors en grec : « Fais donc attention, j’ai failli faire tomber l’étal du boulanger. Qu’est-ce que tu fais là ? On ne voit guère que les soldats quand c’est l’époque des fêtes. Les autres Romains restent chez eux. »

Félix explique qu’il vit avec son oncle et sa tante depuis la mort de son père, mais qu’il s’ennuyait et qu’il a voulu visiter la ville. « Et toi, qui es-tu ? »

– Moi, je suis Simon et je viens de Cana de Galilée pour la fête. Là, je dois rejoindre mon oncle, il est resté à Béthanie avec son maître. Je suis parti en avant, préparer leur arrivée. Mais aujourd’hui, ils arrivent. IL arrive.
– Ton oncle est donc esclave ? Et toi aussi ?
– Mais non, oncle Nathanaël n’est pas esclave. Il est disciple du plus grand rabbi de tous les temps, Jésus de Nazareth
– Rabbi ? Ah oui, vos religieux qui ne sont pas prêtres. Quelle importance ont-ils ? Déjà les prêtres doivent obéir à mon oncle, alors les autres !
– Jésus n’obéit à personne. Il est différent. Viens avec moi, ils arrivent par la porte dorée, tu verras.
Les deux adolescents se faufilent à travers la foule et se postent à la porte.
– Regarde, là, en bas, tu vois cette foule ?
– Oui, et alors ?
– Alors, c’est Jésus, ses disciples et ceux qui le suivent. C’est qu’il a rendu la vie à Lazare de Béthanie l’autre jour. Depuis, on n’arrive presque plus à s’approcher de lui.

Une femme intervient : oui, ma sœur était là et moi, je l’attends aussi. C’est lui, le roi qui doit venir, le roi d’Israël.
– Méfie-toi Salomé, l’autre garçon, c’est un romain.
– Ce serait plutôt à lui de se méfier, Jésus va tous les chasser, les Romains.

Félix se tait, il se méfie de ces gens. Il est seul et sans armes. Mais il n’en pense pas moins. Qui pourrait battre l’armée de César ? Personne, à l’évidence ! Alors certainement pas un rabbi juif !

La foule approche. Il distingue maintenant un homme perché sur un âne. Il n’a ni armes, ni char, ni chevaux. Quel piètre général ! Les gens l’entourent et brandissent des palmes. Hum ! les palmes, comme pour César, c’est séditieux tout de même ! Ils couvrent le sol de leurs vêtements.

– « Qu’est-ce qu’ils crient ? » demande Félix à Simon.
– Ils crient « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël ».

Maintenant, Jésus est à leur niveau. Il voit Simon et l’appelle « Viens avec nous Simon ». Simon entraîne Félix et s’approche de son maître. Jésus regarde Félix et lui sourit. « Shalom, jeune homme » dit-il en grec. « Je vois que tu viens de loin ». Félix est gêné, il n’a pas envie que tout le monde le regarde. Tout à coup, il se sent exclu de quelque chose d’important parce qu’il est romain. C’est ridicule. Jésus continue de le fixer. Comme s’il avait entendu les pensées de Félix, il ajoute « Je suis venu pour toi aussi ». Puis, il s’éloigne vers le temple.
Quelle phrase bizarre. Quel homme étrange. En tous cas, ce n’est pas un roi. Et ses compagnons n’ont rien d’une armée.

Simon explique à Nathanaël qu’il a prévenu Joseph et Nicodème comme convenu et que tout est prêt. Puis il se tourne vers Félix : « Tu viens avec nous ? »

– Non, il faut que je rentre, sinon, ma tante va envoyer la cohorte à ma recherche. Tu sais, ton rabbi, ce n’est qu’un homme ordinaire. Je ne vois pas ce que tu lui trouves.
– Ce n’est pas un homme ordinaire, il vient de Dieu, il est venu pour nous montrer le chemin et pour nous libérer. Il nous a parlé de l’amour de Dieu. Il a fait des miracles, il a rendu la vie à Lazare. C’est lui, le roi d’Israël.
– Écoute, ton dieu, je ne le connais pas. Il n’a pas empêché Rome de conquérir ton pays. Sans doute qu’il est trop faible devant tous les dieux de Rome et de l’Empire. Ce que j’ai vu, c’est un homme au milieu d’une foule, un homme ordinaire. Et ne dis pas trop fort qu’il est roi d’Israël. Il n’y a qu’un roi, c’est César. Je l’ai vu, et je peux te dire que ton Jésus ne ressemble en rien à Tibère. Félix frisonne en repensant à la fois où son père l’a présenté à César.
– Jésus t’a dit qu’il est venu pour toi. C’est ça que moi je retiens. Si tu veux nous revoir, demande la maison de Nicodème, il saura nous trouver. Alors, porte-toi bien, Shalom !
– Salut Simon, fais attention à toi !

Félix rentre lentement vers la forteresse. Il va se faire punir. Mais peut-être que s’il raconte à sa tante ce qui lui est arrivé, ce ne sera pas trop terrible, elle aime en savoir plus sur ces Juifs bizarres.
Ce Jésus, ce n’est qu’un homme, qui vient comme ça, pour une fête sans importance, dans un pays sans importance. Mais Félix est mal à l’aise. Il se rappelle les paroles de Jésus. Et surtout, il se rappelle son regard.

Lecture de Jean 12, 12-19

 

Frères et sœurs, et vous les jeunes

Pourquoi ce conte ? Je voulais souligner plusieurs points : tout d’abord, qu’il y a eu, dès le départ, un choc des cultures. Le monde gréco-romain n’était pas préparé à ces idées de dieu unique, de messie, de résurrection, même si le judaïsme était bien répandu dans l’empire et au-delà. Félix représente ce monde-là, un monde qui se sent supérieur, qui n’a pas besoin de ce dieu unique, de ces juifs trop différents, trop inassimilables. Et cela n’a arrêté en rien la diffusion de l’Évangile.
Bien sûr que nous héritons du christianisme au niveau culturel. Personne ne s’interroge devant un calvaire breton ou devant la déclaration des droits de l’homme. Mais le monde que représente Félix pourrait être traduit dans des termes que nous connaissons bien : la religion, c’est pour les faibles, les crédules, c’est de l’obscurantisme. La supériorité de l’Occident vient de l’essor de la science. Ce qui ne se démontre pas n’a pas d’intérêt, etc. Le choc des cultures n’est plus culturel, il est spirituel. Mais il n’y a pas un « autrefois » et un « aujourd’hui » dans la question « Jésus de Nazareth », les différents points de vue sont, au fond, toujours présents dans notre occident christianisé et peut-être déchristianisé, en tous les cas au niveau spirituel.

Ce que j’ai voulu manifester aussi en décrochant l’attention d’un texte trop connu ou trop éloigné de notre monde, c’est la question de l’identité : pour Félix, Jésus n’est qu’un rabbi d’une province isolée et pauvre, sans pouvoir et sans influence, au départ en tous les cas. J’ai laissé ouvert, parce que chacun peut changer de point de vue, chacun peut découvrir qui est Jésus véritablement. On peut le rejeter comme sans intérêt au départ et finir par le reconnaître comme le roi de sa vie.

Pour certains, il est celui qui va libérer le peuple au sens propre. Ils se rendront compte très vite qu’ils se sont trompés. Au cours des siècles, beaucoup de personnes ont vu le Christ comme celui qui intervient du ciel dans nos vies – ou qui n’intervient pas, d’ailleurs. Et elles l’ont priée de descendre à leur secours, l’ont parfois rejeté parce que les cieux ne s’ouvraient pas sur le miracle exigé.

Pour d’autres, il est celui qui a rendu la vie à Lazare. Sans doute, de mon point de vue, sont-ils plus proches de la foi. Certes, Lazare n’est qu’un signe, il finira par mourir à nouveau, mais Jésus est bien celui qui nous propose une vie qui a une dimension supplémentaire par rapport à nos vies biologiques, cette vie qu’il appelle la vie éternelle et qui n’est pas une vie qui commence après la mort mais une vie qu’il nous offre tout de suite, là, maintenant.

Mais au fond, le plus important est ailleurs : nous avons en tête la scène, mais nous avons oublié l’essentiel : Jésus est celui qui vient parmi nous. Il est là, au milieu des gens qui le pressent, qui l’entourent, lui parlent, le touche. Nous pouvons le comprendre parce qu’il est humain. Fils de Dieu, certainement, mais ce qui résonne le plus fort en nous, c’est son humanité. C’est cela qui nous attire avant de comprendre ce que Fils de Dieu signifie. C’est parce qu’il est humain que nous nous sentons proche de lui. C’est parce qu’un humain nous parle de Dieu que nous apprenons à faire confiance.

Certes, le roi d’Israël est entré à Jérusalem ce jour-là, mais ce qui nous sauve c’est l’humanité qu’il partage avec nous. Amen

Crédits : Anne Petit (EPUdF), Point KT, illustration Pixabay




Salam – chant de Daniel Priss

Salam, Shalom deux mots pour dire « paix ». Le premier est en arabe, le second est en hébreu. Le chant a été composé pour l’offrande des enfants en lien avec la Palestine.

Découvrir tous les chants de Daniel Priss.

 

 

Partition (PDF)
Texte (PDF)

Écouter la chanson

Écouter le play-back

Daniel Priss : Chant, guitares, basse, oud, darbouka.
Françoise Priss : Chœurs.
Julien Pidancier : Violon.

Les paroles de la chanson

Salam, Salam, Salam, Salam,
Alsalam aleykum.
Salam, Salam, Salam, Salam,
Alsalam aleykum.
Alsalamu aleykum,
Que la paix soit sur vous.
Alsalamu aleykum,
Que la paix soit en nous.

Palestine, Palestine,
Une terre si fragile,
Une terre de sables et de vents.
Palestine, Palestine,
Une terre si fragile,
Tachée du sang de ses enfants,
Ces innocents,
Nous leur offrons notre chant,
Nous leur offrons notre chant.

Palestine, Palestine,
Ton histoire est si fragile,
Récits venus du fond des temps.
Palestine, Palestine,
Ton histoire est si fragile
Tachée du sang de tes enfants,
Ces innocents,
Nous leur offrons notre chant,
Nous leur offrons notre chant.

Palestine, Palestine,
L’amour est si fragile,
Balayé par des nuits, des vents.
Palestine, Palestine,
L’amour est si fragile,
Dans le regard de tes enfants,
Ces innocents,
Nous leur offrons notre chant,
Nous leur offrons notre chant.

Salam, Salam, Salam, Salam,
Alsalam aleykum.
Salam, Salam, Salam, Salam,
Alsalam aleykum.
Alsalamu aleykum,
Alsalam minna wa ‘iileykum.
Alsalamu aleykum,
Alsalam minna wa ‘iileykum.

Crédits : Daniel Priss (UEPAL), Point KT, Illustration Pixabay




Le vieux manteau

Conte pour la fête des Rameaux

Il est tard, la nuit tombe sur Jérusalem. Un voyageur s’approche de la ville. Il se nomme Démétrios. C’est un marchand grec. Il s’est fait attaquer par des bandits. Son argent a été volé, ses serviteurs tués. Il retourne à Jérusalem pour que ses compatriotes lui prêtent l’argent de son voyage de retour. Mais il est trop tard pour les chercher dans la ville. A l’approche de la Pâque, il y a bien trop de soldats romains et ils sont bien trop nerveux, mieux vaut éviter d’attirer leur attention si on ne veut pas passer la nuit en prison. Démétrios a décidé de dormir en dehors de la ville, à la belle étoile. Soudain, il voit par terre un vieux manteau plein de poussière parmi toutes sortes de branches à moitié fanées. Il s’approche, le ramasse, l’examine sous toutes les coutures. Oui, c’est vrai, ce manteau n’est pas très propre. Il est aussi un peu déchiré. Mais les nuits de printemps sont froides. Un manteau de plus pour se couvrir quand on dort dehors, cela ne fait pas de mal. L’homme s’en va, s’installe en s’enveloppant dans le manteau et s’endort.
Cette nuit-là, il fait un rêve très étrange.

Pensez ! Le manteau qu’il avait trouvé lui parlait ! Et voici son histoire :

Moi, je suis un vieux manteau. Je suis bien usé, j’ai eu plusieurs propriétaires. Je suis bien content de pouvoir encore servir à quelque chose. Je vais te remercier de m’avoir ramassé ce soir en te racontant ce qui s’est passé aujourd’hui.
Mon propriétaire, ou plutôt mon ancien propriétaire, Elias le maçon, est un vrai excité. Tout le temps en train de parler de politique avec ses amis. Ils détestent les Romains qui occupent le pays et obligent les habitants à payer beaucoup d’impôts. Elias parle sans cesse de révolte, de guerre. Il attend le Messie. Tu sais, le Messie que les prophètes nous ont annoncé. Celui que Dieu va nous envoyer, un roi de la famille de David qui va rendre au peuple d’Israël sa grandeur d’autrefois.

Évidemment, les choses étaient bien différentes du temps du grand roi David. Ah oui, c’est vrai, tu es grec toi, tu ne connais pas notre histoire. Alors voilà : David a su réunir les 12 tribus d’Israël en un seul État. Jamais le pays n’avait été aussi grand et puissant. C’était un grand chef de guerre. Il a battu les Philistins, il aurait bien su chasser les Romains. Il faut dire qu’il avait été choisi par Dieu et qu’il lui a toujours été fidèle. Oh, ce n’était pas un homme parfait, loin de là, mais il savait reconnaître ses fautes et Dieu l’a récompensé de sa fidélité en lui promettant une maison, c’est-à-dire une famille, qui régnerait toujours sur Jérusalem. Et des rois de la famille de David, il y en a eu, c’est sûr. Son fils Salomon, et tous ses descendants pendant plusieurs siècles.
Le problème, c’est que ce n’est plus le cas depuis longtemps.  Alors, les prophètes nous ont annoncé que Dieu enverrait un roi de la famille de David pour sauver son peuple.

Quand Élias a entendu parler de ce Jésus de Nazareth, de la famille de David, il a dressé l’oreille et s’est renseigné. On lui a dit qu’il était sage, comme Salomon ; qu’il enseignait et guérissait les malades ; qu’il chassait les démons. Ces choses-là n’annoncent-elles pas la venue du Messie selon certains ? Et ce Jésus était en route pour Jérusalem. On l’avait vu à Béthanie, tout près. Élias a décidé d’aller voir, avec ses amis à quoi ressemblait ce Jésus.

Ils n’étaient pas les seuls. De toute part, on l’acclamait sur son passage. Il était monté sur un petit âne, qu’il avait réquisitionné sans difficulté, comme s’il y avait eu droit. Il entrait dans la ville comme Salomon y était entré, après avoir été sacré roi par le prêtre Sadoq. Et les gens criaient :

Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père !
Hosanna dans les lieux très hauts !

Élias et ses amis se disaient :
Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! C’est ce que l’on proclame lors de la fête des Tentes, des cabanes, et on sait bien que Dieu choisira cette fête pour venir régner sur terre. Et puis, on est bientôt à Pessah, la Pâque, et on sait bien que le Messie viendra lors de la nuit de la Pâque. Ce Jésus, c’est sûrement lui, c’est le Messie ! Enfin, nous allons être débarrassés des Romains ! Enfin nous serons à nouveau une grande nation.
Et hop ! Ils ont enlevé leurs manteaux et les ont jetés devant l’âne, tout comme il y a si longtemps le peuple avait jeté des vêtements sur le passage d’un autre roi envoyé de Dieu, le roi Jéhu.

Et moi, je me suis retrouvé dans la poussière du chemin. Il est passé, il est entré dans Jérusalem. La foule l’a suivi et Élias, excité comme toujours, a oublié de me récupérer.
Mais moi, vieux manteau, j’ai réfléchi. Cet homme qui est venu comme un roi n’avait pas l’air de vouloir faire la guerre. Il n’avait ni arme ni soldat. Et j’ai entendu ses disciples qui parlaient entre eux tout bas. Ils ont peur pour lui. Ils pensent que c’est très dangereux de venir à Jérusalem. Ils se rappellent qu’il leur a dit qu’il allait mourir à Jérusalem. Cela ne ressemble pas du tout à des plans de bataille cela.
Alors, quelle sorte de roi est-il ? Que va-t-il lui arriver ? Aujourd’hui, c’était la fête. Mais demain ?

Le lendemain, Démétrios se réveille et réfléchit. Les rêves viennent des dieux, c’est certain. Alors, cet homme, ce roi qui vient d’entrer dans la ville, il faut qu’il le voie. Quelle sorte de roi est-il ? Démétrios ne le sait pas, mais ce qu’il a compris, c’est qu’il est venu pour lui.

Crédit : Anne Petit (EPUdF), Point KT, illustration Pixabay




Une maison pour Dieu ?

Narration ayant pour thème : « La parole a dressé sa tente parmi nous et nous avons vu sa gloire pleine de grâce et de vérité. »

Lecture – 2 Samuel 7, versets 1 à 3 :

Le roi David s’installa dans son palais. Le Seigneur le protégeait de tous les ennemis qui entouraient son royaume. Un jour, le roi dit au prophète Nathan : « J’habite une maison en bois de cèdre et le coffre sacré de Dieu n’a pour abri qu’une tente de toile. Qu’en penses-tu ? »
– « Tu as certainement une idée à ce sujet, répondit Nathan. Vas-y, réalise-la, car le Seigneur est avec toi ».

♪ (Assis) Alléluia 51-14 : Quand l’Esprit de Dieu habite en moi

 

Le temps de la prédication est une histoire inventée, se situant entre le verset 3 et le verset 4 de 2 Samuel 7 :

Narrateur : Il était une fois…

La « foi » d’un roi qui vivait, il y a bien longtemps – il y a 3 000 ans – en moins 1 000 avant notre ère. Ce roi s’appelait David 1er. Comme c’est le « premier » – on ne disait même pas « David 1er » – mais « David » tout court. Lui qui était parti de rien (il avait commencé sa vie comme berger. Il était aussi harpiste à ses heures) – David donc, habitait maintenant dans un palais majestueux, recouvert de bois de cèdre. Pour lui, l’ascenseur social avait fonctionné à fond. Il en avait même un peu honte, car il habitait dans un palais – quand l’arche de Dieu (qui contient les dix paroles de Dieu !) campait sous tente. Il avait tout reçu, mais il ne savait comment remercier Dieu.

David 1er décida de bâtir un temple pour Dieu, si généreux. Il appelle donc un architecte.

David 1er – Je voudrais un Temple pour loger mon Dieu.
Architecte – Pas de soucis, comment s’appelle ton dieu ?
David 1er – … ?… Heu… A vrai dire…, Il ne « S’appelle » pas.
Architecte – Comment ça, il ne s’appelle pas ?
David 1er – Il s’appelle par quatre lettres imprononçables qui ont un rapport avec le verbe « être ». Quelque chose comme : « Je-suis »
Architecte (perplexe) – Heu… « Je-suis ». OK. Mais… « je suis » où ? – c’est quoi son adresse ?
David 1er – Je ne sais pas, c’est justement pour cela que je veux lui construire un temple.
Architecte – Votre majesté, avec toute la meilleure volonté : il m’est impossible de démarrer ne serait-ce qu’une esquisse de projet – encore moins un Avant-Projet si je ne sais ni où, ni pour qui ?
David 1er – Si tu ne peux rien pour moi : alors je n’ai plus besoin de toi.

Narrateur : le roi fait jeter l’architecte aux oubliettes.

Seulement voilà. Le roi avait toujours un vide là. Un nœud dans le ventre. Une insatisfaction. OK, la foi est spirituelle, mais David lui, a un corps. Et ce corps a besoin d’un lieu (comme notre temple) pour prier, pour sentir la présence de Dieu… Alors il décide de persister dans son projet. Tout en se passant d’architecte.

C’est l’avantage quand on est roi : tout est permis – même de construire sans déposer de permis de construire. Il décide donc de convoquer directement les ingénieurs. Deux ingénieurs se présentent devant le roi. Le premier est spécialiste en calculs de structure béton/pierre – et le deuxième expert en revêtement « bois de cèdre ». Le roi les fait attendre quelques temps, histoire de bien leur faire comprendre qu’il n’est pas n’importe qui. Puis les fait entrer dans la salle du trône…

David 1er – Voilà, dit-il, je voudrais que vous bâtissiez une demeure pour mon Dieu.
Ingénieur 1 – Bien sûr Majesté.

Narrateur : Le roi sourit (tout en se disant qu’il a vraiment bien fait de se débarrasser de cet architecte questionneur).

Ingénieur 1 – Toutefois, nous aurons besoins de quelques données pour dimensionner l’ouvrage.
David 1er – Ah oui, lesquelles ?
Ingénieur 1 – Il nous faudra les dimensions de votre Dieu.
Ingénieur 2 – … ainsi que Son gabarit de passage pour dimensionner les ouvertures…
Ingénieur 1 – Il nous faudra également Sa masse…
David 1er – Sa masse ?
Ingénieur – Oui, son poids quoi ! Pour calculer les descentes de charges. Pour les fondations et les planchers.
David 1er – Le poids de mon Dieu ! Mais il est à l’image de sa gloire : infini !

Narrateur – Et voilà nos deux ingénieurs qui commencent à douter. Et même à craindre pour leur vie, car ils ont eu vent du sort réservé à l’architecte. Ils ne voient pas comment calculer un plancher apte à supporter « Cavod » – le « poids », la « gloire de Dieu ». Ils ne voient pas non plus où s’arrête la hauteur des portes qui laisseront passer le « Très-haut ».

Irrité, le roi donne l’ordre de jeter les deux ingénieurs aux oubliettes. Le roi est ulcéré – à tel point qu’il commence un peu à douter de lui-même. Il se dit qu’il ferait mieux de confier globalement tout le projet à quelqu’un d’autre. Parce que lui, il y met trop d’émotions et de prières. C’est peut-être pour cela que les professionnels perdent leurs moyens.

Le roi convoque donc un promoteur (expliquer promoteur) – afin de lui confier l’affaire, « clefs en main ». A la plus grande satisfaction du roi David 1er – le promoteur ne met pas son projet en doute – il ne pose pas de question – il n’a pas l’air désemparé. Au contraire, il a l’air souriant, et heureux d’avoir eu la commande.

Quelques jours passent… Et un matin, alors que le roi prend son petit-déjeuner, on lui apporte le journal. Quelle n’est pas sa surprise de lire alors cette publicité en quatrième page de couverture : Programme de construction : « le domaine de Dieu : vivez sous la bénédiction divine à proximité immédiate de la demeure de Dieu, qui fera « resplendir sur vous sa lumière », de jour comme de nuit ». Achetez sur plan, dès à présent, votre logement dans un programme de construction qui comprend douze lotissements, une garderie (« les benjamins »), une école (« Emmanuel »), et un centre commercial (« les marchands du temple »).

Le roi n’est pas du tout content – et convoque sur le champ le promoteur en lui demandant de lui montrer les plans de la demeure de Dieu. Le promoteur joue la montre – lui dit qu’ils sont en cours d’étude – que l’imprimante est en panne – que la secrétaire est en arrêt maladie pour cause de covid…

Le roi est furieux :

David 1er – Quoi ! Tu vends déjà sur plans des logements tout autour ? Tu spécules déjà sur ce projet ! Non seulement tu te rends coupable de délit d’initié en achetant à ton compte tous les terrains aux alentours – mais tu me considères comme suffisamment stupide pour être dupe de ton petit jeu !

Promoteur – Mais Majesté, grâce à ce temple, vous deviendrez riche ! Vous verrez, on s’arrachera les terrains qui se vendront comme des petits pains. Le prix de l’immobilier va flamber à Jérusalem ! On va s’entretuer pour le moindre m² de la ville. On ira même jusqu’à l’appeler « la ville trois fois sainte »… !

David 1er perplexe – Je voulais juste un temple pour louer Dieu. Pas un champ de batailles et de guerres…

Promoteur – Mais majesté vous verrez, vous deviendrez célèbre ! Votre ville s’appellera « Cité de David » ! – tout comme on peut dire « Alexandrie », « Constantinople », ou « Leningrad » !

David 1er – Mais mon but n’est pas de finir dans les livres d’histoire entre Alexandre, Constantin et Lénine. Je me fiche d’être célèbre. Ce que je veux, c’est « célébrer » mon Dieu.

Narrateur – Et sans autre forme de procès, le promoteur alla rejoindre l’architecte et les ingénieurs aux oubliettes… Mais voilà. Le roi se retrouva de nouveau tout seul. Et toujours gêné d’habiter dans un palais, quand Dieu « plante sa tente parmi nous » (nous l’avons dit à l’entrée de notre culte). David décida finalement de se confier directement à Dieu. Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ?

Lorsqu’on voulait parler à Dieu, il y a 3 000 ans, on utilisait – non pas un téléphone mais – … un prophète : Le roi parle au prophète → le prophète parle à Dieu. Dieu parle au prophète → et le prophète parle au roi. Ça fonctionnait comme ça. Donc David 1er, appela son prophète (lequel s’appelait « Nathan »), et lui parla de son projet de construction.

Dieu lui répondit, par la bouche du prophète :
Nathan : Venant de ta part, je sais que tes raisons sont louables. Cela part d’un bon sentiment. Je vais te dire une chose « déclare le Seigneur » : j’ai dans mes cartons un projet beaucoup plus grand pour toi – plus grand qu’une simple bâtisse de bois et de cailloux. Tu es devenu roi, tu as conquis Jérusalem, et tu crois que ton histoire s’arrête là. Mais crois-moi, aujourd’hui, ton histoire ne fait que commencer. Aie confiance, car ce projet de construction d’un temple est dérisoire par rapport au projet que je nourrie pour nous. Je n’ai pas créé le monde et toi-même pour qu’on m’y construise une demeure. Ce n’est pas toi qui me construiras une maison – mais nous deux qui bâtirons ensemble une demeure, une demeure faite de pierres vivantes. Je ne souhaite pas que tu m’élèves un temple. J’ai même pour projet de continuer à planter ma tente parmi vous – et je souhaite que nous nous élevions mutuellement. Je souhaite t’élever toi, à tel point qu’il n’y aura jamais de David 2e – tu resteras pour tous le roi David, tout simplement. Ecoute David : pourquoi deux palais distincts ? Pour que nous finissions dans une relation de voisinage poli : toi dans ton palais, et moi dans mon temple – comme un vieux couple qui ne se parle plus ? Une seule maison suffit. Je veux être là où tu es – « Immanou-El », ce sera mon nom pour toi. Ton palais sera le mien – tout comme toi, tu demeureras dans ma parole. Je scellerais notre union, non pas dans la pierre, mais dans nos vies. Je te propose une alliance avec toi et ta descendance – et beaucoup d’autres par la même occasion. Une alliance risquée et incertaine, une alliance vivante, dans ma parole, dans nos prières et dans tes louanges. De ta descendance naîtra celui qui sera notre alliance.

Narrateur : C’est ainsi que notre roi renonça joyeusement à son projet – et se mit à initier un temple de chants et de prières (rappelez-vous : il était un peu musicien). Ce premier temple vivant, reste dans notre bible : c’est le livre des psaumes.

Psaume 62 : (lecture) Psaume de David.

C’est auprès de Dieu seul que je suis tranquille ; c’est de lui que vient mon salut.
Lui seul est mon rocher et mon salut, ma citadelle : je ne vacillerai guère.
Mon salut et ma gloire sont tout près de Dieu ; mon rocher fortifié, mon refuge sont en Dieu.
Comptez sur lui en tout temps, vous, le peuple ! Épanchez devant lui votre cœur ; Dieu est pour nous un refuge (Pause).
Oui, les gens du peuple sont un souffle, les gens illustres, un mensonge. Quand on soulève la balance, à eux tous, ils pèsent moins qu’un souffle.
Ne comptez pas sur la violence : ne vous essoufflez pas en rapines. Si votre fortune augmente, n’y mettez pas votre cœur.
Dieu a dit une chose, deux choses que j’ai entendues, ceci : que la force est à Dieu – et à Toi Seigneur, la fidélité.

♪ (Assis) Recueil Alléluia 62 : En toi, mon Dieu, toi seulement – § 1, 3 & 5

– Lecture – 2 Samuel 7 – la suite – les versets 4 à 7 :
Mais la nuit suivante, le Seigneur adressa la parole à Nathan pour lui dire : Va trouver David, mon serviteur. Tu lui diras : Voici ce que déclare le Seigneur : « Ce n’est pas toi qui me construiras un temple où je puisse habiter. Je n’ai d’ailleurs jamais habité dans un temple, depuis le jour où j’ai fait sortir d’Egypte le peuple d’Israël et jusqu’à présent. Au contraire, j’ai accompagné les Israélites en n’ayant qu’une tente pour demeure. Bien plus, durant tout ce temps, j’ai confié à plusieurs chefs le soin de gouverner Israël, mon peuple, mais je n’ai reproché à aucun d’entre eux de ne pas m’avoir construit un temple en bois de cèdre.

Annonces – collecte – prière d’intercession / Notre-Père

– Parole d’envoi

1 Pierre 2,5 : Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, construisez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréés de Dieu, par Jésus-Christ. Car voici ce qu’on trouve dans l’Ecriture : « Je vais poser en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse ».

– Bénédiction

♪ (Debout) Recueil Alléluia 62-81 : Que la grâce de Dieu soit sur toi

♪ Jeu d’orgue

Crédits : Daniel Schrumpf (EPUdF), Point KT, illustration : Pixabay




A la recherche de Jeanne

Roman graphique de Zazie TAVITIAN et Caroline PERON. Un album magnifiquement illustré qui peut ouvrir à des réflexions sur le sens de la vie, sur son identité religieuse, sur le judaïsme, sur le devoir de mémoire.

Un été, la cousine de Zazie lui parle d’un cahier de recettes retrouvé dans un grenier. Ce cahier, c’est celui de Jeanne Weill, son arrière-arrière-grand-mère. Dans la famille, tout le monde sait qui est Jeanne, mais personne n’en parle jamais. De Jeanne on ne se rappelle que sa mort ; elle est assassinée en 1943 à Sobibor, un camp d’extermination nazi.

Seulement avant de mourir, Jeanne a bien eu une vie. À quoi ressemblait-elle, la vie de Jeanne ? Était-elle amoureuse ? Aimait-elle faire la fête ? Jouer avec ses enfants ? Ou préférait-elle faire les magasins ?

De Jérusalem à Dijon, Zazie décide d’enquêter auprès de sa famille. Elle part à la rencontre de Jeanne dans les souvenirs de sa famille, et dans ses recettes. Zazie enquête et cuisine, et au fil de ses pérégrinations, de demande qu’est-ce qu’être juive. La cuisine, dans la vie comme dans la Bible, construit une identité de vie commune. Les recettes du cahier de son aïeule délient les langues, font remonter les souvenirs et découvrir d’où l’on vient et qui l’on est.

Lien vers l’album
Lien vers le podcast

Crédit : Marianne RENAUD (UEPAL) pour point KT




Entrer dans un texte par une image

Quelques pistes pédagogiques pour entrer dans un texte par une image

(Les réflexions méthodologiques ci-dessous sont tirées du travail de Gabriela Radermacher-De Ridder et adaptées pour des séances de catéchèse)

Contrairement à un texte, l’image possède un effet immédiat auquel les animatrices/teurs devraient être attentifs. La description ou l’analyse d’une image peut s’intégrer dans le déroulement d’une animation et contribuer à l’approfondissement du sujet abordé. Le fait de regarder, s’émouvoir, découvrir, s’interroger, confronter, approfondir, comprendre et s’approprier des « œuvres d’art » (peinture, sculpture, etc.) permet de développer d’autres compétences transversales chez les enfants telles que : être curieux, poser des questions, chercher et traiter une information d’ordre générale, biblique ou autres.

Travail préparatoire de l’animatrice/teur

Avant d’introduire une image pendant une séance de catéchèse l’animatrice/teur devrait en amont fournir un travail personnel au niveau du choix de l’image, de l’analyse et de l’interprétation de celle-ci. Les questions suivantes peuvent être utiles pour ce travail de préparation :

  • Est-ce que l’image correspond au texte biblique abordé pendant la séance ?
  • Faut-il disposer d’un minimum de connaissances pour comprendre le contenu de l’image ? Si oui est-ce que les enfants possèdent déjà ces connaissances ?
  • L’image correspond-elle à l’âge des enfants ?
  • Quelles sont mes impressions en regardant cette image ?
  • Quel est le message essentiel de cette image ?
  • Est-ce que le monde des enfants y apparaît ?
  • Est-ce que l’image offre des possibilités d’identification pour les enfants ?

La place de l’image dans le déroulement de la séance

Les images peuvent être utilisées à différents moments d’une animation catéchétique :

  • Comme accroche ou activité brise-glace, le travail sur l’image constitue une première prise de contact avec le sujet qui sera abordé.
  • Comme dernière phase d’approfondissement pour résumer les éléments abordés à partir d’un support différent.
  • Comme élément central d’une animation.
  • Pour donner un nouvel élan à une animation limitée à une étude de texte biblique.

Grille de lecture (modèle de base pour les 6-12 ans)

(Choisir les questions selon les âges ; avant de l’exploiter avec les enfants, l’animatrice/teur devrait avoir répondu aux questions posées).

Pour permettre aux animatrices/teurs de se plonger par exemple dans le texte de Marc 10.13-16, nous proposons l’image ci-dessous. Pendant qu’ils répondent aux questions adressées aux enfants, ils pourraient en faire ressortir d’autres richesses qu’ils déploieraient autrement dans la construction d’une séance.

1. Approche spontanée : Première prise de contact avec l’image ; découverte personnelle

Après une phase silencieuse les enfants s’expriment spontanément sans entamer de discussions ni de jugement de valeur.

2. Perception de l’image

  • L’objectif de cette phase est d’observer attentivement l’image, de la découvrir avec les effets qu’elle produit et d’entrer en dialogue avec elle.
  • La démarche : après un temps d’observation les enfants décrivent ce qu’ils voient sans interpréter l’image.
  • Questions suggérées : Que se passe-t-il sur l’image ? Qu’est-ce que tu vois ? Qu’est-ce que tu reconnais ? Qu’est-ce qui te frappe ?

3. Analyse formelle de l’image

L’objectif de cette étape est de passer de la perception subjective à l’analyse objective. Le regard devient analytique et il s’agit de comprendre l’image.

Les éléments de l’analyse sont par exemple :

  • Les personnages : quelles sont leurs positions, attitudes, mouvements, gestes, expressions faciales, émotions ?
  • Qu’est-ce qui figure au centre, à l’avant-plan, à l’arrière-plan ?
  • Le paysage : est-il statique, en mouvement ? Quelle est l’ambiance ?
  • Les couleurs : quelles sont les couleurs employées ? Quelles sont celles qui n’y figurent pas ? Existe-il un contraste entre le clair et l’obscur ?
  • Chercher un titre pour l’image

Etablir un rapport avec un ou deux autres textes bibliques afin d’effectuer une comparaison

4. Identification avec l’image

L’objectif est de créer une relation entre l’image, le texte biblique sous-jacent et le monde des enfants. Ces derniers se découvrent dans l’image et dans des parties de l’image. Ils participent en quelque sorte à l’image et celle-ci devient un support qui leur permettent d’interpréter, de poser des questions et d’avancer dans la vie.

Les enfants peuvent répondre aux questions suivantes :

  • Quelle est la réaction que cette image provoque chez moi ?
  • Quelle est ma place dans cette image ?
  • A quel endroit puis-je me situer dans cette image ?
  • Quel est l’endroit que je n’aime pas dans cette image ?
  • Si les personnages pouvaient s’exprimer, que diraient-ils ?

5. Prolongements

L’objectif de cette phase est de poser la question d’un sens pour aujourd’hui.

Les enfants peuvent répondre aux questions suivantes :

  • Quelle signification cette image a-t-elle aujourd’hui ?
  • Peut-on y découvrir un message ? Si oui lequel ?
  • Est-ce que cette image parle encore aux êtres humains aujourd’hui ? Si oui comment ?
  • Dessiner une suite à l’image, la compléter voire même enlever une partie en expliquant pourquoi.
  • Entrez dans la peau des personnages représentés ; imaginez leur discussion.

Que va-t-il se produire après la scène que représente l’image ? Que s’est-il passé avant ?

Différentes formes d’appropriation par l’image

1. À partir de 6 ans

  • Comparaison d’images : Deux ou plusieurs images traitant d’un même sujet sont examinés et comparés. Il s’agit de trouver les similitudes et les différences.
  • Puzzle : Une image est découpée. Les enfants assemblent les différentes pièces.
  • Variante : le puzzle n’est pas complet les enfants doivent inventer les parties manquantes.

2. À partir de 8 ans

Association d’idées en forme de soleil

  • L’image est découpée et collée au milieu d’une feuille blanche. Les enfants associent les idées qui surgissent en eux par rapport à l’image et les notent par écrit.
  • Ils tracent des lignes en forme de rayon de soleil sur lesquels ils notent brièvement leurs associations d’idées.
  • Si le groupe est nombreux, il est indiqué de composer des petits groupes de 5 à 6 élèves qui réalisent leur soleil. Les différents soleils sont comparés à la fin de l’activité.

3. À partir de 10 ans

  • Dialogue d’image : les enfants inventent les dialogues prononcés par les personnages représentés. Ils peuvent jouer la scène et prononcer les paroles.
  • Variante : sur une feuille de travail, inscrire les dialogues dans des bulles prévues à cet effet.
  • Chercher un titre : les enfants cherchent un ou plusieurs titres pour l’image présentée. Dans une discussion, ils expliquent leur choix.

4. À partir de 12 ans

L’image retravaillée : par collage ou dessin les enfants ajoutent des éléments à l’image. Ainsi le contenu même de l’image change. Les enfants expliquent leur choix et peuvent discuter entre eux à ce sujet.

Crédit : Gabriela Radermacher-De Ridder ; Christel Zogning Meli (EPUB) – Point KT – Illustrations : Pixabay & iStock by Getty Images.