Point KT

Une histoire vraie

Image
Image Une histoire vraie (The Straight Story), David LYNCH, 1999, 111’
7 ans, suggéré 12 ans (tiré de http://filmages.ge.ch)
Tiré d’une histoire vraie

Alvin Straight, 73 ans, vit avec sa fille Rose à Laurens, une petite ville de l’Iowa. Un soir d’orage, il apprend que son frère Lyle qu’il n’a pas vu depuis dix ans a été victime d’une attaque cardiaque. Alvin décide donc de parcourir pas moins de cinq cents kilomètres pour aller trouver celui avec lequel il s’est brouillé des années auparavant. Ne sachant pas conduire et ne supportant pas de se faire conduire, le vieil homme décide de partir sur sa tondeuse à gazon.

Sur la route, plusieurs personnages vont faire sa rencontre et lui rappeler sa vie passée : une jeune auto-stoppeuse enceinte qui a fui sa famille à qui Alvin raconte l’histoire de sa fille qui a été privée de la garde de ses enfants par l’Etat et à qui il parle de l’importance des liens familiaux ; de jeunes cyclistes qui lui rappellent sa jeunesse perdue ; un vieil homme qui a fait la Seconde Guerre mondiale qui lui permet enfin de pouvoir parler de l’horreur vécue à cette époque-là ; un révérend qui a rencontré Lyle lors de son hospitalisation à qui Alvin va pouvoir parler de la rupture entre les deux frères.
Ce n’est qu’après bien des péripéties et une longue route, qu’Alvin parvient jusqu’à la maison de son frère. Les retrouvailles se font presque sans parole, tout se jouant dans les regards, dans la présence de ces deux personnages. Lorsque Lyle voit la tondeuse sur laquelle Alvin a fait le voyage, il découvre la ténacité de son frère pour venir à lui.
 
Pistes de travail :
Ce long périple qui se déroule à la vitesse de cette tondeuse à gazon, est la vitesse qu’il fallait au personnage principal pour accomplir le chemin jusqu’à son frère. Le temps pour parcourir sa vie, dispenser sa sagesse, pour arriver à l’étape du pardon.
Ce chemin est à la fois celui de la réconciliation et celui, nécessaire, d’un retour sur sa propre vie. Il ne pouvait pas s’y rendre trop vite, il fallait pouvoir digérer ces dix ans d’absence, de séparation, de rupture. Il faut du temps pour retrouver les gens que l’on aime, ceux à qui l’on a fait du mal, qui nous ont fait du mal. Il faut savoir prendre le temps du chemin pour arriver à la réconciliation, au pardon, à la vie, à la vieillesse, à la mort également. Alors que tout autour de nous va à grande vitesse (dans le film, les camions sur la route, les cyclistes, tout autour d’Alvin va vite). Le héros nous montre une voie possible qui mène à la réflexion, la contemplation, la vie. Il prend le temps de parler avec les personnes, de les écouter.
 
Retracer sa vie : refaire le parcours de sa propre vie, les moments importants, marquants, les liens, les ruptures. Définir les instants charnières, les changements de cap, les espaces de paix et de calme, etc., ce qui nous a construit, nous a fait avancer. Découvrir ou redécouvrir les éléments déstabilisants, qui font mal, ceux au contraire qui nous soutiennent, nous rendent plus forts. Définir les éléments importants qui peuvent nous aider lors d’un cheminement que nous voulons, devons faire.
 
  • Sur quoi puis-je m’appuyer dans la vie ? Quelles sont mes ressources, mes forces intérieures, extérieures ? Sur quoi, sur qui puis-je compter ?
 
Dans le film :
36’37-47’00 : Avec l’auto-stoppeuse, Alvin parle de sa vie de famille : sa femme, son frère, sa fille Rose et ses enfants perdus. Pour lui, la famille c’est comme un fagot, car quand les personnes sont soudées, rien ne peut les briser.
72’21-78’05 : Alvin raconte son alcoolisme à son retour de la Seconde Guerre mondiale. La vie de vétéran. Les souvenirs qui hantent et que l’on ne peut raconter qu’à quelqu’un qui peut comprendre, qui a vécu quelque chose de semblable.
83’31(87’17)- 92’58: Avec le révérend, Alvin parle de son enfance, comment avec son frère Lyle, ils contemplaient les étoiles, parlaient jusqu’à ce qu’ils s’endorment. Malgré le fait qu’ils se soient toujours beaucoup parlé, la rupture a été inévitable : « Une histoire vieille comme la Bible » dit Alvin. Il suffit d’un peu de colère, de vanité, d’alcool. A présent, toute cette histoire et les raisons qui ont conduit à cette situation n’ont plus aucune importance pour Alvin. Seule la paix à faire avec son frère compte à ses yeux.

  • Se préparer : Pour tout bout de route à faire, un voyage, un pèlerinage, un retour sur soi, il faut se préparer, savoir ce dont nous avons besoin en plus de nos propres forces.
  • De quoi ai-je besoin pour avancer dans mon cheminement, pour accomplir ma destinée ? Quel genre de provisions ai-je besoin (nourritures terrestres et/ou célestes) ?
  • Quelles sont les étapes que je dois franchir ? Quelles sont les embûches que je vais rencontrer ? Quelle est ma détermination ? Quel est mon but ? Qu’est-ce qui me pousse à entreprendre ce chemin ?
 
Dans le film :
17’00-(22’27)24’10 : La décision et les préparatifs du voyage. Alvin doit le réaliser seul.
 
  • Affronter les difficultés : Lors d’un voyage quel qu’il soit, il y a toujours les événements incontrôlés. Il faut arriver à faire face aux imprévus, aux difficultés rencontrées.
  • Sur quoi je prends appui lorsque je rencontre des difficultés dans ma vie ? Est-ce que j’arrive à faire face aux imprévus dans la vie ? Quelle est ma force intérieure, ma conviction, ma ténacité ? Suis-je capable de me retrouver face à une personne avec laquelle je suis/j’étais en conflit ?
 
Dans le film :
24’10-34’35 : Alvin part au volant de sa tondeuse, mais très vite il tombe en panne et est ramené à son point de départ. Il ne renonce pas pour autant, achète une autre tondeuse et repart sur les routes.
95’37-100’00 : La dernière colline, le dernier bout de chemin, la dernière embûche. Un chemin de pierre, un beau paysage d’automne (automne de la vie), une aide providentielle.
100’00-103’55 : L’arrivée chez Lyle. Les retrouvailles. La vieille maison en bois. La fatigue, la vieillesse, le doute, la reconnaissance : « Tu as fait toute la route sur ce machin pour me voir ? », l’émotion. Et la boucle est bouclée.

 

Tokyo godfathers

Image
 Image Tokyo Godfathers, Satoshi KON. 2003, 90’
12 ans, suggéré 14 ans (tiré de http://filmages.ge.ch)

Un alcoolo, un travelo et une ado en crise, voilà le tableau de départ de ce film d’animation. On pourrait craindre le pire et pourtant, ces antihéros vont s’avérer touchants par leur humanité dont nous manquons parfois…La veille de Noël, ces trois sans-abri, Gin, Hana et Miyuki découvrent un bébé abandonné. S’ensuit un road movie pour retrouver les parents. L’enfant devient le révélateur du passé de chacun des protagonistes. Gin, qui noie son remord dans l’alcool et qui se ment à lui-même finit par avouer qu’il a quitté sa femme et sa fille parce que criblé de dettes de jeu. Hana, lui-même abandonné à sa naissance, désire garder ce bébé pour lui offrir l’amour qu’il n’a pas reçu. Miyuki, adolescente qui a fuit ses parents après avoir asséné un coup de couteau sur son père auquel elle reprochait un manque d’amour, désire reprendre contact avec sa famille. Les rencontres fusent. La rédemption et les réconciliations deviennent possibles…

Pistes de travail :

  • Gin et Miyuki sont rongés par de nombreux remords : les énumérer, puis montrer comment, tout au long de leurs péripéties, ils font acte de rédemption (Gin accompagne un vieil homme dans ses derniers instants de vie, Miyuki est kidnappée, puis relâchée).
  • Montrer comment l’enfant joue un rôle de catalyseur qui permet aux protagonistes de faire face à leur passé.
  • Dresser la liste de toutes les rencontres que vivent nos trois héros et ce que chacune des rencontres amène. On peut utiliser le tableau ci-dessous et inscrire dans chaque case la réaction provoquée chez les protagonistes.
 
  Gin                           Hana                     Miyuki                    

Le bébé 

 

     

Le père de Miyuki

 

     

L’homme en panne

 

     

L’ancien créancier de Gin 

 

     

Le justicier 

 

     

La femme du justicier

 

     

La femme aux chats

 

     

Le vieux clochard

 

     

L’alcoolique

 

     

Les jeunes voyous

 

     

Le docteur

 

     

La fille de Gin

 

     

La « mère » de Hana

 

     

La kidnappeuse du bébé

 

     

Le mari de la kidnappeuse

 

     

Les parents du bébé 

 

     

 

  • Montrer comment chaque personnage souffre d’un manque d’amour qu’il cherche à combler de manière faussée ou maladroite, et comment ce bébé – « un miracle » ne cesse de dire Hana – permet à chacun de changer sa réalité pour ainsi donner un nouveau sens à sa vie.

Fauteurs de paix

 Image

Fauteurs de paix, quatre documentaires, 2006, 104’
Série de l’Avent du Jour du Seigneur, France 2
Jeunes et adultes

Ces quatre documentaires concernant quatre régions différentes du monde s’attachent à montrer les actions de plusieurs personnes ou organisations pour maintenir ou créer des espaces de paix dans des contrées difficiles. Le chemin de la paix a de nombreuses facettes.

Résumés :

  1. Sant’Egidio : Une communauté au service de la paix, Bernard MANGIANTE, 26’, diffusée le 27 novembre 2005.

    La communauté de Sant’Egidio a été créée à Rome en février 1968 par Andrea Riccardi. Aujourd’hui cette communauté catholique compte 50’000 laïques dans septante pays.

    Ce documentaire s’attache à la présence de cette communauté au Mozambique, où, après avoir réussi à faire un travail de médiation qui a débouché sur un traité de paix en 1992, elle s’occupe de mettre en place un programme dénommé Dream avec les autorités sanitaires locales pour lutter contre le SIDA.

  2. Irlande du Nord : Ligne de paix, Marc MAISONNEUVE, 26’, diffusée le 4 décembre 2005

    A Belfast, une « ligne de paix » continue de séparer les protestants des catholiques.  Malgré le traité de paix signé en 1998, les tensions règnent encore. C’est dans cette zone de paix qu’une communauté œcuménique s’est installée pour favoriser le dialogue. Une école y a vu le jour, il y a vingt-cinq ans, dont la particularité et la règle est la parité entre les deux confessions. Sœur Anne, une membre de cette communauté œcuménique et co-fondatrice de cette école, porte à cœur de faire découvrir aux jeunes élèves les lieux, les coutumes et les habitudes de chacune des deux confessions.

    Ce documentaire s’attache à montrer l’effort accompli en Irlande du Nord par cette communauté pour rapprocher les deux confessions. Les jeunes apprennent, dans cette école, à connaître leur voisin pour tenter d’enrayer l’héritage de leurs parents.

  3. Colombie : Les brigadistes de la paix, José BOURGAREL, 26’, diffusée le 11 décembre 2005

    La guerre civile qui sévit en Colombie est l’une des plus anciennes et des plus meurtrières. Les violations du droit international humanitaires sont monnaie courante. Deux membres des brigades de la paix internationales (PBI : Peace Brigades International) sont chargés de se rendre à San José de Apartado pour tenter de garantir un peu de paix et de sécurité. Cette organisation offre une protection pour la population locale par un accompagnement physique de volontaires étrangers qui sont en lien avec leur pays d’origine, permettant ainsi que la communauté internationale soit au courant des exactions commises dans ce pays.

  4. Chypre : Soixante voix et un seul message, Agnieszka ZIAREK, 26’, diffusée le 18 décembre 2005

    En 1974, Chypre est séparée en deux, suite à l’invasion du nord de l’île par l’armée turque. Depuis l’an 2000, plusieurs initiatives pour la paix entre les deux camps ont vu le jour, dont une collecte de sang, les YEP (Youth encounters for peace) ou une chorale qui réunit une soixantaine de personnes chaque semaine où l’on apprend des morceaux dans les deux langues de l’île.
Pistes de travail :
 
  • Quels sont les chemins de paix choisis dans l’un ou l’autre de ces pays ?
  • A mon avis quel est le chemin qu’il faut parcourir pour pouvoir parler de paix avec un ennemi ?
  • Suis-je capable d’aller au devant d’une personne qui m’est hostile pour ouvrir un dialogue ?
  • Qu’est-ce qui peut séparer les personnes ? Quels sont les conflits que nous pouvons rencontrer dans nos vies qui nous poussent à changer de chemin, de voies, d’amis, etc. ?
  • A mon niveau, que puis-je faire ou offrir pour un espace de paix avec mon voisin, ma famille ou toute autre personne avec laquelle je pourrais être en conflit ?
  • Quel chemin de paix ai-je à parcourir pour arriver à rencontrer celle ou celui qui m’a blessé ? Quels sont les pas que je suis capable de faire pour aller à sa rencontre et ceux que je ne peux pas faire ? Quelles sont les aides dont j’ai besoin ?

Marie, Joseph : en chemin pour accueillir Dieu

Image  Voici deux rencontres préparées et vécues dans le temps de l’Avent 2004 à Genève, dans la Communauté œcuménique des personnes handicapées et de leurs familles. La première fait revivre le récit de l’annonciation à Marie, dans l’évangile de Luc, la seconde le rêve de Joseph, dans l’évangile de Matthieu. Toutes deux centrées sur un élément visuel – un dessin, une reproduction de chapiteau – elles nous ouvrent à la venue de Dieu vers nous, et nous invitent à cheminer vers lui.

La Communauté œcuménique des personnes handicapées et de leurs familles regroupe des enfants, des jeunes et des adultes handicapés. Elle offre un enseignement religieux et un accompagnement spirituel à des personnes vivant principalement avec un handicap mental, et/ou polyhandicapées. Elle prépare les jeunes à la communion et à la confirmation. Elle est aussi un lieu d’échange et de rencontre pour les familles, des professionnels de l’éducation, et toutes personnes concernées.

Précision :
Chaque rencontre s’ouvre par un moment assez ritualisé : mise en place du groupe des enfants (10-15 ans), prière gestuée, la même pour toute l’année ; chant, pratiquement le même pour toute l’année. Puis un moment est pris pour rappeler la/les rencontre/s précédente/s, avant d’aborder le thème du jour.
Certains groupes travaillent plus avec les images, d’autres avec les chants, d’autres avec le dialogue, d’autres avec la narration. C’est pourquoi il est difficile de donner un déroulement détaillé. Nous avons davantage un canevas, sur lequel chaque catéchète s’appuie pour élaborer la rencontre de son propre groupe.

 
 
L’annonciation à Marie : on repart pour Nazareth

1. Objectifs

Dans une année entière dont le thème biblique est « le chemin », nous avons été frappés par tous ces voyages, ces mises en route, tant physiques que spirituelles, visibles qu’invisibles, dès qu’il y a rencontre entre Dieu et les humains. Cela est particulièrement clair au moment de la naissance de Jésus. Marie et Joseph ne peuvent pas rester inactifs après avoir reçu la nouvelle de la future naissance du Fils de Dieu. L’objectif de cette rencontre est de faire connaître ce mouvement pour Marie, et de le suggérer en chacun de nous.

2. Texte biblique : Luc 1,26-38

Des éléments importants : La mère du Messie est une vierge (v. 27-34) ;  la grandeur (v.32) et la filiation divine de l’enfant (v. 32 et 35) pour Dieu ; le règne perpétuel du Fils de David (v. 33) et l’engendrement par l’Esprit (v.35).

v. 31 …un fils que tu nommeras « Jésus »

Yeh’chou’a = Dieu sauve
 
 

« Luc dépeint la relation renouvelée de Dieu à l’humanité. Le Dieu fidèle va, une fois encore, commencer par une naissance. Le roi attendu ne sera pas seulement protégé par Dieu, mais il est déjà engendré par lui. La fin dépassera de beaucoup le commencement. L’Esprit est l’instrument eschatologique qui commence la fin, ici pour le Fils (1, 35) et, plus tard, pour le peuple (Ac 1, 8). Les expressions « trône de David » et « maison de Jacob » désignent une espérance locale, mais l’infinité même du Royaume implique qu’il s’étendra à l’univers tout entier. Le Fils de Dieu reçoit la possession souveraine du temps et de l’espace. Pour accomplir son dessein, Dieu choisit la finitude et l’insignifiance humaines, ici une jeune fille d’environ douze ans (1, 27), autrefois le jeune Gédéon (Jg 6, 15). Que l’impossible soit possible à Dieu (1, 37), se révèle dans l’écart entre la faiblesse des moyens et la grandeur du résultat. Mais faiblesse des moyens n’est pas faiblesse de la personne : Marie a une force intérieure et une foi éclatante. Ainsi le seuil du futur de Dieu est-il franchi d’un pas. »

François Bovon, L’Evangile selon saint Luc (1-9), Labor et Fides, 1991, p. 79

 

 

3. La rencontre
 
 
 
Image
Jean-François KIEFFER, 1000 IMAGES D’EVANGILE,
Copyright Les Presses Ile de France 2005, avec leur aimabale autorisation
 
Commencer par montrer cette image (télécharger l’image ) et conter l’histoire de l’annonce.

En mettant l’accent sur :

  • L’écoute ! De qui ? De quoi ?    
  • Dieu me parle ! Est-ce que je l’entends ?
  • Le regard ! Vers où ? Vers qui ?
  • Dieu me rejoint là où je suis (il chemine CHEMIN vers moi !) en m’envoyant quelqu’un, comme l’ange envoyé à Marie, qui se trouve à Nazareth.

Marie a dit OUI à Dieu. Malgré un message, qui semble impossible ! Et elle s’est mise en CHEMIN vers Elisabeth.

Et moi, qu’est-ce que je dis à Dieu quand il me dit qu’il est avec moi et qu’il m’aime ? Vers qui je vais ?

Terminer par le chant : « La première en chemin »
(chant d’origine catholique, paroles de Sr M.-C. Guédon, musique de G. Lefebvre, éd. SM, cote V 565).

Message :
(Il s’agit d’une courte phrase qui est dite successivement à chaque participant, afin qu’il la reçoive comme un message qui lui est personnellement adressé.)

 
« N.N., Dieu te dit : Je suis près de toi et t’invite à me dire OUI comme Marie ».

 
 
Un voyage intérieur : l’annonciation à Joseph 
 
1. Objectifs

Joseph entame là un voyage intérieur. L’objectif est de faire sentir que nous aussi, nous avons de ces moments où mûrissent en nous des idées, des apaisements, des certitudes. Un rêve n’est pas un cauchemar. Nous vivons une rencontre de calme et d’intériorité.

2. Texte biblique :
Matthieu 1,18-25

 
Les différences entre Luc et Matthieu : Matthieu est juif (Luc était grec), il lui importe que Jésus naisse dans une famille juive régulière, donc avec un père légal. D’où l’importance donnée à la personne de Joseph, présenté comme un juste d’une justice typiquement juive – matthéenne. Il connaît la loi, il est fidèle à cette loi, il a une piété humble et active et veut, en libérant Marie de son engagement  de fiançailles, faire un geste de miséricorde.
 
Matthieu ne donne aucune précision quant au comment de l’action du Saint-Esprit (Luc dit que l’Esprit descend sur Marie). La conception de Jésus est simplement « le fait de l’Esprit Saint », une action inattendue et souveraine de Dieu.
 
Joseph, chez Matthieu, est convaincu de l’adultère de Marie. C’est l’ange qui le persuade du contraire. Le fait que l’ange lui parle dans un rêve souligne que l’être humain ne peut qu’écouter passivement les instructions qui lui sont données, et les appliquer et exécuter immédiatement à son réveil. Joseph ne doit pas rester fidèle à Marie à cause du trésor unique qu’elle porte en elle, mais à cause de la nécessaire fonction de père davidique qu’il doit assumer auprès de Jésus et de sa mère. Et qu’il est seul à pouvoir assumer.
 
Le nom de Jésus est Emmanuel = Dieu sera présent au milieu de son peuple pour le secourir, combattre avec lui, le sauver. L’initiative divine, qui trouve l’homme endormi et inactif, est suivie immédiatement d’une activité concrète et humble des humains. Joseph va pouvoir agir parce qu’il n’a plus peur.
« Ne crains pas » (n’aie pas peur) peut renvoyer aux chapitres 41,43 et 44 d’Esaïe, où par trois fois Dieu dit à son peuple (et Joseph est bien de ce peuple) :

  • « Je suis avec toi » (Es. 41,10)
  • « Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi » (Es. 43,1)
  • « Je t’ai formé dès avant ta naissance, je t’aide, je t’ai choisi » (Es. 44,2)
Trois motifs de ne pas craindre qui s’appliquent parfaitement à la situation de Joseph, et qui ont peut-être résonné à son esprit au réveil.
Quant au « voyage intérieur » de Joseph, il faut y voir effectivement un passage de la crainte à la confiance, de la paralysie à l’activité. Ce n’est pas une grande expérience religieuse ou mystique, ce n’est pas une communication extraordinaire avec le monde des anges ; ce sont des instructions très simples et concrètes que l’envoyé, le porte-parole de Dieu vient donner à Joseph pour débloquer une situation bloquée. Joseph est renvoyé au concret, à sa vie réelle, à un quotidien nouveau avec Marie et son enfant. Le voyage intérieur avance vers une porte ouverte sur la réalité.
Dire tout cela n’est pas minimiser la valeur des décisions ou de la foi de Joseph, ni de Marie. Ce n’est pas banaliser l’extraordinaire de la naissance de Jésus. C’est suivre le texte biblique lui-même. Il faut toutefois reconnaître que beaucoup de questions se sont très tôt posées à l’Eglise et à la théologie naissante, comme en témoignent les récits apocryphes.

Pasteur Anne-Lise Nerfin

 
 

 
 
3. La rencontre

Reprendre la silhouette de Marie pour faire le lien avec la rencontre précédente.
Pour raconter l’histoire, montrer l’image (télécharger) de Joseph endormi, recouverte d’un voile de tulle jaune (signe du sommeil de Joseph, mais aussi de la présence auprès de lui de l’ange envoyé par Dieu).
 
Image 
Montrer la silhouette de l’ange, et dire le message qu’il a apporté à Joseph : n’aie pas peur – accueille Marie comme ta femme – l’enfant qu’elle attend vient de Dieu – elle donnera naissance à un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, « Dieu sauve » – car c’est lui qui sauvera son peuple – Dieu l’avait annoncé : la vierge enfantera un fils, qu’on appellera Emmanuel, « Dieu avec nous ».
Enlever le tulle jaune : à son réveil, Joseph fait ce que l’ange lui a dit. Que s’est-il passé en lui ?
J’ai peur je n’ai plus peur : qu’y a-t-il entre les deux ?

 
Chants :     « Je t’ai appelé par ton nom »
(chant de Noël Colombier, éd. Air Libre, cote I 336, CD et K7 Catéchansons n°3)
 « Ils ont marché au pas des siècles »
(Recueils : Arc-en-ciel n° 542, Alléluia 31-32).

Message :

« N.N., comme à Joseph, Dieu te dit : N’aie pas peur, je suis avec toi »

 

 

Imaginons des personnages bibliques

Image
Image  Fabriquons des personnages en cubes superposés 

Fabriquez avec les enfants des cubes en carton, de 8 cm d’arête, par exemple. Il faut trois cubes par enfant.
Selon une technique de votre choix, les enfants dessinent sur les faces les parties d’un personnages : des têtes sur les faces du cube « Tête ». Des troncs sur les faces du cube « Tronc ». Des jambes sur les faces du cube « Jambes ». Décidez par avance de la largeur et de l’emplacement des cous, et des ceintures, afin que chaque dessin d’un cube s’assemble bien avec chaque dessin des autres cubes. Le sommet sera d’une couleur unie.

Lorsque l’enfant superpose ses trois cubes : têtes, troncs et jambes, il obtient diverses possibilités de personnages !

Illustrez ainsi un récit biblique où un personnage change de vêtement, où un personnage grandit, où un personnage se montre sous plusieurs aspects… Les visages peuvent adopter des expressions différentes. Vous pouvez documenter votre activité avec des exemples de vêtements bibliques. Selon le récit et l’objectif choisi, vos consignes concernant les dessins seront plus libres ou plus directives…

Bon amusement ! 

Messagers de paix

Organisez une journée pour les enfants
des écoles bibliques de votre région
autour du thème « Messagers de paix ».

Les activités se déroulent le long d’un fil rouge : le chant « Shalom » de Jude25. (« Les inoubliables-Je veux vivre » Vol4. INCD 504 Séphora musique.)
Quatre ateliers sont proposés le matin, et un grand jeu d’extérieur l’après-midi, clôturé par une courte célébration. Les activités sont conçues pour une centaine d’enfants, divisés en quatre groupes. Il faut prévoir des lieux propices aux ateliers et un parcours promenade sécurisé pour le jeu. Chaque groupe passe dans tous les ateliers. Ceux-ci durent trente minutes. Chaque atelier commence par un petit jeu pour faire connaissance.

  •      Atelier enquête : chasse au trésor à la recherche des premiers indices du grand jeu de l’après-midi…
  •      Atelier vocal : apprentissage du refrain et d’un couplet différent par groupe.
  •      Atelier corporel : mime et partage.
  •      Atelier manuel : fabrication d’un mini rouleau de texte hébraïque.

Les ateliers

  • Atelier enquête (afficher et lire le texte du premier couplet) : Il faut pour chaque groupe une image de colombe de la paix, sur laquelle est écrit le verset Esaïe 52 :7, plastifiée et coupée en quatre.
  • Au dos de chaque morceau, une clé de lecture différente pour les messages du grand jeu : 1ère clé : « Le verlan », 2ème clé « Devinez les voyelles », 3ème clé « a=1 b=2… », 4ème clé « a=b b=c… ». Les enfants devront eux-mêmes choisir la meilleure clé pour les différents messages à décoder l’après-midi.
    Cachez les morceaux. Les enfants doivent les retrouver et reconstituer le puzzle de leur colombe. Un responsable garde ce puzzle pour l’après-midi.
  • Atelier vocal (afficher le refrain): chaque groupe apprend le refrain et un couplet différent. A la fin de la matinée, le chant peut ainsi être chanté en entier, tous ensemble, chaque groupe étant responsable d’un couplet.
    Si vous le pouvez, invitez des musiciens.
    Pour chaque groupe, apprenez d’abord le refrain. Puis le couplet ; avant de chanter, abordez le à l’aide d’un jeu de décryptage: remplacez certains mots par un rébus, ou un code chiffré, ou un choix de mots (rigolos de préférence) parmi lesquels il faut trouver la rime… Subdivisez le groupe pour stimuler la recherche, puis corrigez en commun et apprenez la mélodie.
  • Atelier corporel (afficher et lire le texte du troisième couplet) : Il faut 50 biscuits, une grosse bougie, 100 petites bougies type chauffe-plat. Demandez aux enfants de mimer le couplet.
    Ensuite, mettez–vous en cercle. L’un s’avance et dit « J’en assez de … ». Un deuxième fait de même (en donnant un ras le bol différent). Ils se donnent la main et disent « Ensemble on peut changer cela ! ». Et ainsi de suite jusqu’à ce que tous aient pu s’exprimer. Distribuez enfin un biscuit à un enfant sur deux. L’injustice est flagrante ! « Comment changer cela ? » En partageant les biscuits. Mettez enfin une grosse bougie allumée au centre de l’espace. Et un panier avec les petites bougies (éteintes !). L’amour de Dieu est comme cette flamme : on peut la partager à l’infini, elle ne faiblit jamais… Invitez les enfants à allumer une petite bougie à la flamme centrale.
  • Atelier manuel (afficher et lire le texte du quatrième couplet) : Il faut : 100 boîtes cylindriques à film photo avec couvercle (on en trouve du même type dans les hôpitaux), 100 textes photocopiés dans un format 4×10 cm, piques à brochettes, étiquettes blanches autocollantes format boîte, colle blanche, ciseaux, marqueurs, crayons.
    L’enfant roule un morceau de piques à brochette de 4.5 cm le long des côtés encollés à gauche et droite du texte. Après séchage, il enroule tout le texte, moitié par la gauche, moitié par la droite (comme un rouleau de la Torah) et le met dans la boîte.
    Décor de boîte : sur une étiquette autocollante, l’enfant écrit le mot שלוֺם (Shalom : paix) en lettres de couleurs. Il la colle autour de sa boîte.
    Proposition de texte hébreu  « Jacob envoie devant lui des messagers à son frère Ésaü  » : wyxa wve-la wynpl Mykalm bqey xlsyw

Le grand jeu

Le grand jeu se fait au long d’une promenade en boucle, dont l’objectif est de mettre en place les meilleures conditions pour la rencontre de Jacob et d’Esaü.

  • Introduisez le par un court récit d’après Ge 25 : 19 à 28. Les équipes reçoivent un message codé indiquant le premier lieu à atteindre. Elles doivent le décoder à l’aide de la clé de lecture convenant le mieux, au dos de leurs colombes. Elles reçoivent aussi deux lettres (voir plus loin)
  • Deux équipes démarrent le circuit par un côté, à quelques minutes de distance. Les deux autres équipes font de même par l’autre côté. Elles vont se croiser. Aux croisements, elles échangent des lettres de nouvelles (identiques pour chaque groupe). La première lettre annonce la vente des droits d’aînesse Ge 25 : 29 à 34. La situation est tendue entre les frères Jacob et Esaü ; les enfants sont appelés à être « Messagers de paix » en rassemblant des  cadeaux (fleurs, beaux cailloux, fruits des bois, chants, danses, poèmes…) en vue de la réconciliation. La deuxième lettre explique comment les choses se sont aggravées d’après Ge 27 : 1 à 41. Esaü veut tuer Jacob… Il faut encore plus de cadeaux !
  • A l’occasion des croisements d’équipes, organisez des joutes amicales (combats de ballons baudruches, tir à la corde, courses de sacs …).
  • Les autres étapes de la promenade sont indiquées au fur et à mesure, avec d’autres messages codés à déchiffrer selon les autres clés de lecture.
  • Si le terrain s’y prête, organisez une halte- collation dans un « oasis de paix ».

A la fin du jeu, les équipes ont bouclé la boucle et se retrouvent pour le grand moment de la réconciliation.

 

Célébration: la réconciliation

Image D’après Ge 32:2 à Ge 33: 15.

La célébration finale est centrée sur le chant « Shalom », chanté en entier par tous les enfants.

Esaü (un moniteur) est là. Il attend son frère. Il n’est vraiment pas content ! En groupes, les enfants vont lui apporter des cadeaux qu’ils ont ramenés de la promenade. Enfin arrive Jacob (un autre moniteur). Les retrouvailles des deux frères sont heureuses, et les enfants peuvent une dernière fois chanter « Shalom ».

 

Shalom

Jude 25. « Les inoubliables-Je veux vivre » Vol 4. INCD 504 Séphora musique.

 

1.    Le monde est triste plus rien ne va,
Partout il y a les bruits d’un combat.
Oh ! je voudrais bien la retrouver,
la paix, la paix… 
 

 

                                               Refr : Shalom, Shalom,
quand viendra la paix sur tous les hommes ?
Shalom, Shalom,
nous la voulons cette paix, Shalom ! 

2.    Que sera demain pour ces enfants
qui se retrouvent sans papa ni maman ?
Oh ! que j’aimerais qu’ils connaissent,
la paix, la paix…

3.    Y a des gens qu’ont faim, ils n’ont plus rien,
On leur a enlevé tout ce qu’ils avaient.
Des enfants qui meurent, des parents qui pleurent,
J’en ai assez !!!
Image 

4.    Si tout le monde pouvait s’aimer
Si chacun voulait se donner la main,
alors on pourrait vivre enfin
En paix… en paix !

 

Le rap d’Elie

Image
Image

Un récit à rythmer, seul ou à plusieurs, avec ou sans mélodie… 

Salut…

 
  • Salut !

On va vous raconter
L’histoire pas inventée
De la veuve et d’Elie

Y avait rien à manger
Et les gens avaient faim
La sécheresse a frappé
Y avait vraiment plus rien !     

  • Quelle misère… 
 
  • Et Dieu dit à Elie

« Va donc à Sarepta,
La veuve près du puit
Du pain te donnera. »

« Elie comment veux-tu
Que je te donne du pain ?
D’la farine y en a plus
Et nous mourrons demain ! »

Quelle misère !

  • Il est resté sans vie

Couché sur son matelas
Au désespoir d’Elie
Qui à Dieu s’adressa :

« Comment as-tu permis
Que tombe dans le deuil
Cette veuve si gentille
Qui m’a fait bon accueil ?

Quelle misère…

 

  • « Accueille-moi chez toi

Fais cuire un peu de pain,
Tant qu’la famine durera
Tu n’en manqueras point… »

Après un certain temps
Le fils tomba malade
Plus du tout bien portant
C’est pas d’la rigolade !

Quelle misère !

  • Alors Dieu qui est bon

Entendit la prière
Il guérit le garçon
Et le rendit à sa mère.

Vous l’voyez Dieu nous donne
Ce dont on a besoin,
Quand la prière est bonne
Il ne nous lâche point… Quel bonheur !

Les sept dernières paroles du Christ en Croix

Image
Image  Animation et célébration du vendredi saint, avec des catéchumènes. 

Autant il nous semble naturel de parler du matin de Pâques et de la Résurrection avec les jeunes, autant nous avons souvent une pudeur pour aborder la mort du Christ. Mais il nous faut dire la mort pour affirmer la résurrection. La mort ne peut être séparée de la résurrection, et c’est sur le fond lumineux de Pâques que se profile la croix. C’est à ces préoccupations que répond la méditation des sept Paroles de la croix, que nous aborderons à travers la préparation d’une célébration de vendredi saint. Ce culte a aussi sa place en période de carême. Certains pasteurs ont prêché pendant le carême, chaque dimanche sur une des sept Paroles.
Les sept dernières paroles du Christ en croix étaient autrefois au centre de la liturgie du vendredi saint, avant qu’elle ne soit remplacée, au Moyen Âge, par le chemin de croix. Nous pouvons retrouver des oeuvres musicales qui témoignent de cette liturgie, en particulier chez le compositeur Heinrich Schütz (1585-1672) , réformateur de la musique luthérienne.
L’artiste Macha Chmakoff a magnifiquement peint les paroles du Christ en croix. La proposition de célébration qui suit est directement et librement inspirée du DVD sur les sept tableaux de Macha Chmakoff illustrant les sept dernières paroles du Christ en croix. Nous vous recommandons, si cela vous est possible, de commencer la réflexion en visionnant le DVD avec les jeunes (durée 20 mn)  .
 
Image    Image
Les sept Paroles du Christ sont extraites des quatre récits de la passion que nous proposent les évangélistes Matthieu, Marc, Luc et Jean. Elles « recèlent en elles-mêmes une immense intensité dramatique : le Golgotha devient un creuset où souffrance et espérance s’enlacent »   Le récit de la mort de Jésus nous est parvenu par les évangiles. Et il n’est pas monocorde. Dès le premier siècle, les communautés ont eu l’audace de nous transmettre quatre lectures pour un événement, quatre évangiles comme mesure de fidélité et de conformité aux paroles du Seigneur. L’ancienne liturgie qui était axée sur la contemplation de la croix, a placé bout à bout ces sept paroles. À travers cette démarche de foi et de piété, nous pouvons entendre la diversité d’approche des évangélistes.
La méditation sur les sept Paroles, a aussi le mérite de nous permettre d’avoir une vision du Christ à travers quatre évangiles, ce que nous n’avons pas trop l’habitude de faire avec nos catéchumènes. Et sept Paroles – sept comme chiffre de la plénitude – qui nous dévoilent un Christ dans sa plénitude, de sa souffrance et de sa confiance, de ses doutes et de son espérance. Plénitude, mais aussi choix contrasté des évangélistes, nous montrant ainsi qu’aucun ne détient la vérité.
Avant de construire une célébration, il faut méditer ces Paroles avec les jeunes, afin qu’ils se les approprient. Pour les aider vous pouvez leur proposer plusieurs pistes :
 
  • Lire les récits de Passion dans les quatre évangiles, les comparer. On peut « oser » choisir « son » Christ : le Christ compatissant de Luc ou le Christ qui nous questionne de Marc. On peut choisir aussi de garder les tensions.
  • On peut aussi mettre en résonance ces récits avec le psaume 22,1 « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » ; Ps 22,16 « ma langue me colle aux mâchoires », etc.
  • On peut aussi réfléchir sur l’ordre de la liturgie, on commence avec le Christ compatissant, on termine sur la pleine confiance, avec un grand cri au centre.
Après avoir lu, réfléchi, partagé la méditation des sept dernières paroles du Christ en croix, il s’agit de construire une célébration. On peut garder l’ordre traditionnel du culte et la méditation sera donc la prédication. Les catéchumènes écrivent leurs réflexions qui serviront pour la prédication. II faut tout de même bouleverser l’ordre du culte en lisant les sept Paroles du Christ en croix, non pas en une seule fois, mais avant chaque méditation. Pour rendre la célébration visuelle, il faudra accompagner la prédication de diapositives préalablement dessinées, peintes, photos montées… par les catéchumènes illustrant les sept Paroles. II existe aussi un diaporama des tableaux de Macha Chmakoff . Vous pouvez aussi exposer des tableaux sur de grands tissus montés sur baguettes de bois dans le temple, ou encore faire des tableaux vivants interprétés par les jeunes. Cette partie visuelle dépend surtout de vos goûts et de vos compétences. Bon courage, et j’espère que cette méditation autour d’une ancienne liturgie saura vous vivifier, ainsi que vos catéchumènes.

Florence BLONDON
PointKT N° 37 Janvier-Février Mars 2002 pages 10 et 11

_________________
 
Le DVD
Les sept dernières paroles du Christ en croix

Les 7 tableaux de Macha Chmakoft nous introduisent dans une méditation sur les 7 dernières paroles du Christ en Croix qui était autrefois au centre de la liturgie du Vendredi Saint. Ces 7 paroles extraites des 4 récits de la passion des Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean recèlent en elles-mêmes une immense intensité dramatique : « … le Golgotha devient un creuset où souffrance et espérance s’enlacent.»
Le DVD 20 €
En vente par correspondance à la Maison de Production A.M.E. (Audiovisuel, Musique Evangélisation) : 10, rue Henri IV –  69002 Lyon. Téléphone : 04 78 37 45 99 begin_of_the_skype_highlighting            04 78 37 45 99      end_of_the_skype_highlighting – courriel : ame@chemin-neuf.org  ou en librairie du réseau La Procure.

Pour visualiser d’autres œuvres de Macha Chmakoff site : www.chmakoff.com

 

Ouvrir la porte de l’armoire magique !

Image

Le cinéma parle aux jeunes : ouvrir la porte de l’armoire magique !

Animation pour groupe catéchétique, enfants de 12 à 15 ans

Support : aller voir ensemble, en groupe catéchétique, « Le monde de Narnia » production des studios Disney.
Évangile selon Mathieu, chapitre 27 et 28

Questionnaire proposé ci-dessous ou grille de lecture

Objectifs :

  • Montrer que la foi n’est pas déconnectée de la réalité culturelle et que la quête du sens est déclinée dans diverses approches
  • Articuler une réflexion biblique et théologique avec la production cinématographique

Déroulement des étapes :

Après avoir été à la projection du film, ensemble, ou, ultérieurement, après avoir visionné le DVD ? On peut proposer ce type de questionnaires aux jeunes ; il permettra

A : de raviver la mémoire
B : d’informer d’éventuels  symboles à décrypter
C : de rencontrer « autrement » un texte biblique

Donner un temps de travail individuel avec le questionnaire, puis mettre les réponses en commun, enfin échanger sur les parties dont on ne se souvenait plus. Éventuellement travail plus approfondi avec le texte biblique.

Questionnaire :

A : pour raviver la mémoire

1. Aux prénoms des 4 enfants Pevensie, ajouter à chacun deux traits de caractères : qualité et/ou défaut)

2. Pour quelle raison historique les quatre enfants se retrouvent dans une grande maison à la campagne ?

3. Grâce à quel jeu la plus jeune des enfants se retrouve dans l’armoire magique ?

4. Quel objet « bizarre » marque l’entrée et la sortie du monde de Narnia ?

5. Que pourrait, à votre avis, symboliser cet objet ?

6. Pourquoi neige-t-il à Narnia ?

7. Première rencontre de deux habitants de Narnia : Tumnus et la sorcière blanche :
        – décrivez leur personnalité
        – qu’est ce qui les relie, qu’est ce qui les sépare ?

8. Le professeur :
–    quelles sont ses qualités avec les enfants ?
–    – quelle clé donne-t-il pour Narnia ?

Image

B : décrypter les symboles

9. Narnia et les mythologies : quels personnages de mythes anciens avez-vous reconnus ?

10. des symboles dans Narnia
    – la neige =
    – Noël =
    – les couleurs : lesquelles ? (donner des exemples)

11. quels cadeaux  sont offerts à trois enfants par le Père Noël ?

12. Importance des qualités et des défauts dans le monde de Narnia.
Quelles qualités, et/ou défauts avez-vous repérées ?

Image

C : pour rencontrer « autrement » un texte biblique

13. L’épisode du sacrifice d’Aslan.
Peut-on lire cet épisode avec des « clefs bibliques » ?

Découvrez le en comparant ce qui se passe avec Aslan et ce qui se passe pour Jésus dans l’Évangile selon Matthieu, chapitre 27,27 au chapitre 28,9.
Et relever les éléments similaires ou approchants pour les deux personnages.

Image 

Locataires

Image
Image Kim Ki-Duk, [S.l.] : Pretty Pictures, 2005, 90’
12 ans suggéré 16 ans
Drame

Tae-Suk squatte des appartements vides, le temps de l’absence de leurs propriétaires. En contrepartie, il répare les appareils défectueux et lave le linge sale.

Avec légèreté, il remplit de sa présence bienveillante les propriétés qu’il visite. Jusqu’à cette rencontre avec un femme battue, Sun-houa, qu’il sauve et dont il tombe amoureux. Ensemble ils arpentent de nouveaux lieux. Lors d’une introduction dans un logement, ils découvrent un cadavre. Après avoir nettoyé et enterré dignement le défunt, ils se mettent à table,  mais la police les interpelle et les arrête.  Innocent, Tae-Suk subit en silence interrogatoires et prison. Durant la peine qu’il purge, il s’exerce à devenir invisible, masquant son ombre en se calquant sur les mouvements des autres. Ainsi, lorsqu’il sort de prison, il rejoint Sun-houa et côtoie son mari sans que ce dernier ne remarque sa présence. La dernière scène du film nous montre les deux amoureux sur une balance indiquant 0 kilogramme, deux corps éthérés, deux anges…

Pistes de travail :

  • Dresser un parallèle avec la Passion du Christ :
    Un repas suivi d’une arrestation, un innocent qui subit en silence interrogatoires et prison…
  • Une résurrection :
    Après son passage en prison Tae-Suk est transformé : il ne vas plus de porte en porte, comme s’il avait décidé de mettre fin à ce sacerdoce, et se rend chez Sun-houa : Tae-Suk renaît, transparent, presque imperceptible. Seul l’essentiel subsiste : l’amour. Et le couple de ne plus peser un seul gramme…
  • Saisir ce qui peut se dégager d’une présence, au-delà des mots, au-delà du corps, capter les regards, les gestes qui transmettent un message. Prendre conscience de ce que, dans la vie de tous les jours, une rencontre peut nous apporter. Comment à chaque instant, on peut renaître si l’on prend conscience de l’essentiel et non du matériel et de l’apparence.

 

Image